Saison haute du tourisme en Casamance en 2025 : l’amplitude de la vague de désespoir

Les acteurs font état entre autres de changements inattendus des horaires de vols. Le problème de la fluidité maritime, la dégradation des routes, Ziguinchor-Cap Skirring, Bignona-Diouloulou sont aussi évoqués.
« Les contraintes de déplacements sont lourdes de conséquences », s’inquiète Doudou Tamba qui a ajouté: » Il y a des changements d’horaires inattendus. A l’époque, on avait les gens qui avaient peur de l’avion. Ils prenaient le bateau. Mais maintenant, le mois de décembre le bateau est plein. Les deux autres bateaux sont à l’arrêt, donc il y a un très grand problème. L’accessibilité de la Casamance est un handicap au développement du tourisme. La route Cap Skirring à Ziguinchor est aussi en très mauvais état. Nous avons aussi la même chose, encore pire, la route Diouloulou-Bignona. Parce que nous avons beaucoup de clients qui y passent, surtout les Belges, qui prennent l’avion jusqu’à Banjul et à partir de Banjul, ils arrivent ici. Donc là, il y a un très grand problème. Maintenant, ces Belges-là, ils ont mis une croix sur la Casamance, donc ils ne viennent pas. », a révélé l’opérateur touristique.
Des pertes d’emploi énormes et des risques d’exode pour les jeunes
Le tourisme un secteur à l’agonie en Casamance. Plusieurs réceptifs et sites menacés risquent mettre la clé sous le paillasson à cause des pertes de la clientèle. Les jeunes seront tentés à nouveau à l’émigration.
» Le les restaurants sont en train de faire des licenciements. « , a rapporté Doudou Tamba, ancien président des guides de la Casamance.
Adama Diémé évoque de millier de nuitées perdues durant l’année dans le réceptif hôtelier qu’il gère. » Dans l’année, peut-être on perd plus de 1000 unités, ne serait-ce que dans l’hôtel de Perroquet. Donc imaginez le reste des structures, combien de pertes elles ont dans l’année. Et là, on est à l’agonie avec des situations vraiment liées à la desserte. Chaque jour, on a des annulations de réservations », dit-il.
Ferdinand Ndao, jeune gérant d’un campement sis dans l’île de Wendaye, pense que cette situation risque de causer beaucoup du tort aux jeunes engagés et qui ont décidé de mettre fin à l’exode rural.
» En tant que jeunes qui évoluons dans le domaine, nous avions quitté Dakar, parce que dès le bas âge, on vous parle du fléau, de l’exode rural. Pour éviter cet exode, nous avons préféré revenir à nos sources et essayer de bâtir quelque chose par nos propres moyens. Nous n’avons pas le soutien de l’État. Avec nos maigres moyens, nous avons essayé de développer le secteur et trouver de l’emploi », raconte-t-il.
Avec les irrégularités des vols, la disponibilité d’un seul bateau et aussi les routes impraticables, Ferdinand Ndao craint pour la survie du secteur. Et on va aller remplir le Dakar. Or, il y a du boulot ici. Il suffit juste de créer les conditions nécessaires pour que les gens puissent rester et travailler », a lancé. Ferdinand Ndao.
Les autorités invitées à prendre les mesures nécessaires. Adama Diémé estime que la balle est dans le camp des autorités. Pour lui, elles ont la clé de la solution. Il leur demande d’agir. » On n’a presque pas de route en Casamance et nous demandons aux gouvernants, s’il vous plaît, de réagissez. Nous sommes en train de parler de Sénégal 2050, la création d’emplois. La région de Casamance à elle seule peut créer plus de 20 000 emplois par an dans le domaine du tourisme. Nous demandons tout simplement de mettre des infrastructures qui sont bien. « , a martelé l’acteur touristique.
Son camarade Doudou Tamba embouche la même trompette. D’après lui, il n’est jamais trop tard pour bien faire.
« Il est temps d’agir avant que ça soit trop tard. Et on pensait maintenant de réparer, avant qu’on attend que tout soit mort, qu’on soit dans la tombe pour essayer de voir comment nous sortir. Là, on est presque là-dedans. Ces problèmes énumérés ne demandent pas beaucoup d’argent. Nous demandons la régularité des vols entre Dakar et Cap Skirring »
Adama Diémé, enfonce le clou disant qu’il est grand temps que les gens se réveillent, que le gouvernement mette les moyens.
Seneweb
