Nicolas Sarkozy libéré : la cour d’appel de Paris met fin à « un cauchemar »
Paris, le 10 novembre 2025 — La cour d’appel de Paris a ordonné lundi la remise en liberté de Nicolas Sarkozy, mettant fin à vingt jours d’incarcération pour l’ancien président de la République. Condamné à cinq ans de prison, dont deux fermes, pour association de malfaiteurs dans l’affaire du financement libyen de sa campagne présidentielle de 2007, il avait été écroué à la prison de la Santé fin octobre.
Lors de l’audience publique de la matinée, d’une cinquantaine de minutes, le parquet général avait lui-même requis la mise en liberté de l’ex-chef de l’État, sous contrôle judiciaire. Suivant cet avis, la cour a imposé à Nicolas Sarkozy plusieurs obligations : une interdiction de contact élargie — notamment avec le garde des Sceaux Gérald Darmanin — et une interdiction de quitter le territoire national.
L’ancien président devrait retrouver la liberté dans la journée, avant son procès en appel prévu pour le mois de mars 2026.
« La prison, c’est dur, très dur »
Apparaissant en visioconférence depuis sa cellule, le visage fermé, Nicolas Sarkozy a livré un rare témoignage sur ses conditions de détention.« La prison, c’est dur, c’est très dur, c’est éreintant », a-t-il confié, avant de saluer « l’humanité exceptionnelle » du personnel pénitentiaire.« Ce cauchemar, parce que c’est un cauchemar, a été rendu supportable grâce à eux », a-t-il ajouté, vêtu d’une veste bleu foncé et d’un pull sombre.L’ancien chef de l’État, âgé de 70 ans, a répété qu’il se battait « pour que la vérité triomphe ».
Présent à l’audience, l’avocat général Damien Brunet a souligné les « garanties de représentation indéniables » de l’ancien président, rappelant ses attaches familiales et ses intérêts patrimoniaux en France. « Ces garanties sont rarement réunies à un tel niveau devant votre cour », a-t-il affirmé, sous le regard attentif de Carla Bruni et de deux des fils de Nicolas Sarkozy, Pierre et Jean.
Cette incarcération, inédite pour un ancien président de la République française, a profondément marqué l’opinion publique et suscité de vifs débats politiques et juridiques. Jamais, dans l’Union européenne, un ex-chef d’État n’avait encore connu la prison.Nicolas Sarkozy, désormais libre mais sous étroite surveillance judiciaire, se prépare à affronter un nouveau procès en appel. Ce dernier s’annonce comme un moment clé de sa longue bataille judiciaire dans le dossier du financement présumé libyen.« Je continuerai à me battre, non seulement pour mon honneur, mais pour la vérité », a-t-il déclaré à la cour.
Pour l’ancien président, la sortie de prison marque la fin d’un chapitre douloureux mais sans doute pas la fin de ses démêlés judiciaires.
