À l’approche de la présidentielle centrafricaine du 28 décembre prochain, l’ancien Premier ministre, par deux fois candidat, dénonce le traitement de son dossier de candidature par l’Autorité nationale des élections et le Conseil constitutionnel.
Comme l’opposant Tidjane Thiam avait abandonné sa nationalité française, dans la perspective d’une présidentielle hostile aux doubles passeports, l’opposant Anicet-Georges Dologuélé en a fait de même. Et comme la démarche de l’Ivoirien, celle du Centrafricain pourrait ne pas suffire à lui octroyer le statut de présidentiable. S’il avait anticipé l’éventuel bug en obtenant, dès le 20 août dernier, son décret de libération d’allégeance à l’égard de la France – en relation avec une nationalité française acquise en 1994 – l’ancien candidat aux présidentielles de 2015-2016 et de 2020 vient de réagir au rejet, par la justice, de son certificat de nationalité centrafricaine.
L’élection présidentielle doit se tenir le 28 décembre prochain. À moins de sept semaines du scrutin, l’ancien Premier ministre et président de l’Union pour le renouveau centrafricain (Urca) a tenu, ce 10 novembre, une conférence de presse à Bangui. L’opposant a fermement réaffirmé ses origines centrafricaines dont il a même retracé la généalogie, en évoquant notamment ses grands-parents et ses parents biologiques.
Document nomade
Il y a déjà deux semaines que l’Autorité nationale des élections (ANE) a transmis tous les dossiers de candidature au Conseil constitutionnel. Sans accuser le président du Conseil, Anicet-Georges Dologuélé affirme cependant que l’une des pièces de son dossier aurait été « sortie », sans son accord, pour être remise au Garde des sceaux : un certificat de nationalité centrafricaine délivré le 6 octobre par le tribunal de grande instance de Bangui pour compléter sa candidature. Le ministre centrafricain de la Justice aurait alors « intimé à un magistrat » d’annuler ce certificat de nationalité, faisant de facto d’Anicet-Georges Dologuélé un apatride, en même temps que de rendre son dossier de candidature incomplet et donc, potentiellement, non recevable.
Ce dernier considère donc qu’il est victime d’un « acharnement politique » qui utilise des « manœuvres illégales et uniquement guidées par la peur et la haine » dans le but de bloquer sa candidature, y compris par des pressions exercées sur le pouvoir judiciaire. Se qualifiant de « concurrent sérieux » du président sortant, il évoque « une justice à deux vitesses », dans l’intérêt « d’une poignée de prédateurs ».
« Vrais Centrafricains »
L’opposant prend donc l’opinion à témoin et défie ses adversaires, notamment ceux du régime, les invitant à prouver, comme il vient de le faire, « qu’ils sont de vrais Centrafricains », puisqu’ils se disent « centrafricains plus que les autres ».
Alors que Faustin-Archange Touadéra a officialisé sa candidature à un troisième mandat présidentiel, après l’adoption d’une nouvelle Constitution en août 2023, le climat centrafricain continue de se tendre. Anicet-Georges Dologuélé appelle ses partisans à l’unité. C’est le 16 novembre que le Conseil constitutionnel doit rendre sa décision finale, concernant les qualifiés à l’élection présidentielle.
