Des centaines de personnes fuient les alentours de cette ville du sud du pays, déjà en grande partie désertée, au lendemain d’une attaque jihadiste menée par le Jnim le 11 novembre ayant visé des chasseurs traditionnels dozos.
« Plusieurs chasseurs traditionnels dozos ont été frappés par des terroristes avec des drones kamikazes hier soir [mardi 11 novembre] », entraînant une vague de déplacement des populations. Un habitant de Loulouni raconte que « sept chasseurs ont été tués », dont son petit frère.
« Ça a provoqué la panique. Plusieurs centaines [de personnes] se dirigent vers Sikasso [Sud] ou d’autres centres urbains comme Kadiolo [Sud], en provenance des alentours de Loulouni », poursuit cet habitant témoignant sous le couvert de l’anonymat en raison du contexte sécuritaire. L’attaque a été revendiquée par les jihadistes du Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (Jnim), dans un message publié sur sa plateforme de propagande Al-Zallaqa.
« Plus de la moitié de la ville est déjà partie »
Un responsable administratif local a constaté depuis le début du mois d’octobre un regain de violences, avec « au moins six villages attaqués dans la zone, certains incendiés. » « La fragilité de la situation est exacerbée par l’implication dans les hostilités de groupes de chasseurs locaux », explique une autre source sécuritaire.
« Cela fait plusieurs semaines que les chasseurs dozos tentent d’empêcher les terroristes d’entrer dans les villages », indique sur X Wamaps, un groupe de journalistes ouest-africains spécialisé dans la couverture de l’a situation sécuritaire au Sahel. « Plus de la moitié de la ville est déjà partie », poursuit Wamaps précisant que « des villageois ont été tués. »
Cette attaque survient alors que le Jnim impose depuis le mois de septembre des blocus sur plusieurs localités du Sud et du Centre et attaque les convois de carburant, affectant durement l’économie malienne et fragilisant la junte au pouvoir à Bamako. Face à la dégradation de la situation, les États-Unis et le Royaume-Uni ont annoncé il y a deux semaines le retrait de leur personnel non essentiel du Mali, et plusieurs ambassades, dont la France, ont demandé à leurs ressortissants de quitter le territoire.
(Avec AFP)
