Après les autorités d’Afrique du Sud, celles du Kenya s’émeuvent des recrutements de centaines de leurs ressortissants par la Russie pour combattre sur le front ukrainien. Un responsable met en garde contre les fausses offres d’emploi.
À l’instar des autorités kényanes, la présidence sud-africaine déclarait, le 6 novembre, que des tractations diplomatiques étaient en cours pour rapatrier 17 Sud-Africains d’Ukraine. Coincés dans la région du Donbass ravagée par la guerre, les enrôlés âgés de 20 à 39 ans auraient lancé un appel à l’aide, demandant une « assistance pour rentrer chez eux ». L’ambassadeur d’Ukraine à Pretoria, Oleksandre Chtcherba, estime que l’envoi de Sud-Africains sur le front ukrainien doit « ouvrir les yeux » sur la Russie.
Violation de la loi sud-africaine
Ce sont des promesses de salaires faramineux, formulées par des réseaux de recrutement russes, qui auraient convaincu ces Africains de s’engager comme mercenaires. La présidence sud-africaine rappelle qu’il est interdit à ses citoyens de rejoindre des armées étrangères. L’ambassadeur d’Ukraine en Afrique du Sud accuse donc formellement la Russie de « violer la loi sud-africaine », en dupant ces ressortissants africains pour les impliquer, paradoxalement, dans « une guerre coloniale ». En août, Pretoria ouvrait une enquête sur un possible trafic d’êtres humains…Des enquêtes journalistiques suggèrent même que des hommes politiques sud-africains seraient impliqués dans ces enrôlements, notamment des membres du parti uMkhonto weSizwe (MK), de l’ex-président Jacob Zuma, qui a encore témoigné récemment sa bienveillance appuyée à l’égard des régimes africains proches de Moscou.
