
Le 27 octobre dernier, devant le patronat sénégalais, le Premier ministre Ousmane Sonko avait annoncé une « bonne nouvelle » : « Dans quelques jours, il y aura des mesures de baisse sur l’électricité et les produits pétroliers. » Deux semaines plus tard, rien. Pas de baisse, pas de communication officielle, ni en Conseil des ministres ni ailleurs. L’annonce semble avoir été rayée du débat public.
Promesse initiale: Sonko a fait cette déclaration lors d’une rencontre avec le secteur privé, misant sur une baisse conjoncturelle grâce aux marges de la Senelec et une baisse structurelle via le projet gas-to-power.Silence radio: Aucune suite n’a été donnée, et le gouvernement n’a pas jugé utile de s’expliquer, ni de rectifier. Les médias et réseaux sociaux ont rapidement classé l’affaire.
Tensions politiques: Sonko est en conflit ouvert avec le président Bassirou Diomaye Faye, et son absence répétée en Conseil des ministres alimente les spéculations.
Pression du FMI: Le Sénégal négocie avec le Fonds monétaire international un programme de réformes, et une baisse des subventions énergétiques pourrait compliquer les discussions.
Conjoncture économique: Hausse du service de la dette (plus de 100 % du PIB), baril de pétrole en baisse (60 $ en 2025), mais le gouvernement préfère préserver les équilibres budgétaires.
Perte de crédibilité pour Sonko et le gouvernement, surtout auprès des ménages qui attendent un soulagement sur les factures d’électricité et de carburant.
Marché des obligations affecté : les titres du Sénégal ont chuté après l’annonce, les investisseurs craignant un relâchement des règles budgétaires (source : Reuters )
Débat tronqué: les Sénégalais sont davantage absorbés par les querelles internes au pouvoir que par les enjeux énergétiques.
Baisse conjoncturelle via les marges de Senelec (comme évoqué en mai 2024).Baisse structurelle avec l’entrée en service du gas-to-power, mais le calendrier reste flou.
En résumé, la promesse de Sonko est devenue un non-événement, éclipsée par les luttes de pouvoir et les contraintes financières. Un rappel que les attentes sociales peuvent vite se heurter à la réalité économique et politique du Sénégal. ² ¹
