Faute de trouver un emploi en lien avec leur formation, de nombreux jeunes Nigériens n’ont d’autre choix que celui de créer leur propre entreprise. Mais le manque de financement et les tracasseries bureaucratiques rendent le parcours souvent difficile.
La persévérance en dépit des difficultés
Dans un contexte où le chômage des jeunes diplômés reste élevé, certains refusent de baisser les bras. C’est le cas de Fourera Boubacar qui, alors qu’elle était titulaire d’une licence en administration des sociétés, a créé l’entreprise de jus naturels Flo Juice.
Comme beaucoup, celle-ci a commencé dans l’économie informelle, avec des moyens limités, avant de faire le choix de s’installer officiellement à son compte.
« Comme pour toute jeune entreprise, les débuts n’ont pas été faciles, notamment les enjeux d’accès aux financements et aux investissements en matériels » raconte Fourera Boubacar qui a heureusement bénéficié « de programmes d’appuis entrepreneuriaux, comme le Fisan, un financement à coûts partagés, mais aussi du soutien de quelques partenaires techniques comme l’ANMC et l’initiative 3N, ainsi que de la collaboration avec des réseaux d’entrepreneurs locaux ».
Selon la jeune entrepreneure « ces soutiens, combinés à la persévérance et au travail d’équipe, ont permis à l’entreprise de se structurer et d’évoluer progressivement ».
Une évolution rendue possible par des dispositifs d’accompagnement, mais aussi par beaucoup de persévérance.
Les impôts, un obstacle pour certains
Pour Mahamadou Djibrilla, apiculteur, le parcours n’a pas été plus simple, car il s’est d’abord heurté au problème des impôts.« On s’est aventuré sans trop bien réfléchir, en raison de la fiscalité. Au début, on était en groupe, on a ouvert une entreprise en groupe, mais les impôts nous ont découragés. Ils ont fait fermer l’entreprise » explique le jeune homme.
En 2022 c’est donc seul cette fois, que Mahamadou Djibrilla a rouvert l’entreprise avec un autre numéro d’identification. « Avec le temps, on a eu quelques formations de renforcement des capacités avec plusieurs partenaires qui nous ont poussés vers l’avant, nous ont accompagnés, et ça a fait que maintenant, on maîtrise mieux » assure-t-il.
Le rôle de l’État
Au-delà des expériences individuelles, l’État tente d’accompagner les entreprises modestes vers la formalisation et l’accès aux financements bancaires. C’est l’un des objectifs du Fonds national d’appuis aux PME-PMI qui est déjà intervenu auprès de milliers de jeunes entrepreneurs.
« C’est nous qui prenons les dossiers, c’est nous qui les analysons, qui faisons les plans d’affaires, qui faisons le plan d’investissement, qui faisons le plan d’engagement, c’est nous qui mettons en place l’accompagnement pour permettre à la banque d’être sûre que le dossier qu’elle reçoit, est un dossier qui est d’une bonne qualité. Et à la date du 30 septembre, on a pratiquement onze projets qui sont soit déjà financés, soit sont encore dans le processus. Pour certains, il y a d’autres conditions qu’ils doivent lever pour permettre d’aller vers leur décaissement » précise Issaka Hadi le secrétaire exécutif du Fonap.
Sortir du secteur informel, dépasser les obstacles, accéder au financement : un parcours long, mais possible. Pour ces jeunes, l’entrepreneuriat n’est plus seulement un recours, mais une voie d’avenir. Et leur réussite montre qu’avec un accompagnement adapté, il est possible de transformer de simples initiatives en entreprises durables.
