
Le ministre de l’Enseignement supérieur, Dr Abdourahmane Diouf, est rattrapé par une polémique après des déclarations du chroniqueur Cheikh Bara Ndiaye sur Walf TV. Lors de l’émission « Taku Show », il a affirmé que le ministre aurait entretenu des relations « troubles » avec Ibrahima Karagnara, un homme d’affaires malien au cœur d’un scandale de surfacturation de 140 milliards FCFA pour les universités de Tambacounda et Matam.
Qui est Ibrahima Karagnara ?
Ancien vendeur de bazin à Bamako, il a été impliqué dans des affaires de corruption au Mali (surfacturation de matériels militaires, enrichissement illicite).Après un bref séjour carcéral au Mali, il s’est installé à Dakar en 2022. Sa société Royal BTP (enregistrée en Côte d’Ivoire) a décroché les marchés des deux universités sans appel d’offres, sous l’ère Macky Sall. Les contrats évalués à 107 Md FCFA (Matam) et 83 Md FCFA (Tambacounda) ont été jugés exorbitants (jusqu’à 210 M FCFA pour un camion acheté 29 M FCFA). Le parquet financier sénégalais a ouvert une enquête pour escroquerie sur deniers publics (5,7 Md FCFA) et le dossier s’inscrit dans le cadre plus large des 125 Md FCFA détournés. Cheikh Bara Ndiaye a affirmé que Karagnara serait le « contact » d’Abdourahmane Diouf dans l’attribution des marchés.
Le Premier ministre Ousmane Sonko a dénoncé l’opacité des contrats et ordonné un audit après avoir visité les chantiers. Les révélations interviennent dans un climat de reddition des comptes impulsé par le régime Diomaye Faye.
Les accusations contre Abdourahmane Diouf reposent sur les liens présumés avec Ibrahima Karagnara, un entrepreneur malien déjà sous le feu de la justice sénégalaise pour surfacturation et corruption. L’affaire est en cours d’instruction.
