Quelque 1,7 million de Slovènes ont voté dimanche pour décider si la loi adoptée en juillet par leur Parlement pour légaliser le suicide assisté sera appliquée ou suspendue, au cours d’un référendum organisé à l’appel d’un groupe de citoyens.
Les bureaux de vote ont ouvert à 07h00 locales (06h00 GMT) et fermeront 12 heures plus tard, avec les premiers résultats partiels attendus tard dans la soirée.
Plusieurs pays européens, dont la Suisse et l’Autriche, autorisent déjà des personnes en phase terminale de leur maladie à bénéficier d’une aide médicale pour mettre fin à leurs jours.
La Slovénie devait les rejoindre cet automne. Mais un groupe civique, soutenu par l’Église catholique et l’opposition conservatrice, a réussi à rassembler les 40.000 signatures nécessaires pour bloquer l’application du texte qu’ils accusent de permettre « l’empoisonnement des malades et des personnes âgées », et convoquer un nouveau référendum.
La loi avait en effet été adoptée après un premier référendum en 2024 lors duquel 55% des votants s’étaient exprimés en faveur du suicide assisté.
Elle prévoit d’accorder aux patients lucides, incurables et dont la souffrance ou l’état de santé est insupportable, le droit de mettre fin à leurs jours, étant exclus les cas de maladie mentale.
Le texte n’autorise en revanche pas l’euthanasie, c’est-à-dire la mort provoquée par un soignant à la demande d’un malade.
Le Premier ministre libéral Robert Golob a encouragé les Slovènes à soutenir cette loi. « Chacun d’entre nous doit pouvoir décider par lui-même comment et avec quelle dignité nous mettrons fin à nos vies », a-t-il déclaré mercredi, lors de son vote anticipé à Ljubljana.
De son côté, l’Église catholique a critiqué une législation « qui contredit l’Évangile, la loi naturelle et la dignité humaine ».
La question posée aux Slovènes est: « soutenez-vous l’entrée en vigueur de la loi sur la fin de vie assistée, qui a été approuvée par le Parlement le 24 juillet 2025? ».
Pour que la loi soit suspendue, une majorité d’au moins 20% du corps électoral doit voter non.
Toutefois, cela ne signifierait pas l’abandon total de la possibilité du suicide assisté dans ce pays de 2,1 millions d’habitants. Le Parlement pourra à nouveau voter sur un nouveau projet de loi après 12 mois.
Selon un sondage publié cette semaine par le quotidien Dnevnik auprès de 700 citoyens, 54,3% des votants sont toujours pour la légalisation de l’aide médicale à mourir, 30,6% s’y opposent et 15% se disent indécis.
Parmi les pays européens, outre la Suisse et l’Autriche pour le suicide assisté, les Pays-Bas, la Belgique et le Luxembourg autorisent l’euthanasie, tandis que les députés français ont approuvé fin mai en première lecture la création d’un droit à l’aide à mourir.
Le président Emmanuel Macron a évoqué la possibilité d’un référendum en cas d’« enlisement » parlementaire.
