
Depuis quelques semaines, les signes de friction entre le président Bassirou Diomaye Faye et son Premier ministre Ousmane Sonko se multiplient, jetant une ombre sur la coalition qui les a portés au pouvoir. Le point de départ de cette crise ? La décision unilatérale du chef de l’État de remplacer Aïda Mbodj par Aminata « Mimi » Touré à la tête de la coalition « Diomaye Président ». Cette nomination, perçue comme une « réponse directe » aux injonctions de Sonko lors du meeting de Téra, a été interprétée par Pastef comme un désaveu et une tentative de contourner l’influence du parti.
Téra-Meeting (8 novembre 2025) : Sonko y a réaffirmé sa confiance en Aïda Mbodj et mis en garde contre des « intrus » au sein de l’exécutif.
Décret présidentiel : Diomaye Faye a officialisé Mimi Touré comme coordonnatrice de la coalition, ce qui a déclenché un communiqué de Pastef dénonçant une « décision unilatérale » et réaffirmant que Mbodj reste la seule légitime.
Réunion du bureau politique (19 novembre 2025) : Sonko a été aperçu au Conseil des ministres, signe d’un retour à la normale, mais les tensions persistent, notamment sur le contrôle de la coalition et la place des ministres comme Abdouramane Diouf (Environnement) et Mimi Touré.
Diomaye Faye cherche à consolider l’autorité présidentielle, tandis que Sonko défend le poids du parti Pastef et sa légitimité militante. Sonko a affirmé que « le président est mon ami, mon frère », mais a conditionné son maintien au pouvoir à la volonté du chef de l’État. Le Pastef a publié un communiqué désavouant la nomination de Mimi Touré, et des observateurs soulignent une « bataille d’influence » entre l’État et le parti.
Rencontre au Palais (dimanche 24 novembre 2025) : Une réunion nocturne entre les deux hommes a été évoquée, mais aucune confirmation officielle. Si la crise perdure, elle pourrait fragiliser la gouvernance, la stabilité institutionnelle et la cohésion de la majorité présidentielle.
La tension entre Sonko et Diomaye Faye n’est pas un conflit personnel mais une lutte de pouvoir entre l’autorité présidentielle et l’influence du parti Pastef. Les prochains jours détermineront si les deux leaders parviennent à un compromis ou si la rupture devient inévitable.
