La section de Kinkua de la Fédération des groupements et associations féminines de l’arrière Zanzan, une partie reculée de ce district a été officiellement installée en octobre dernier à Kinkua. À quoi répond cette initiative ?Cette initiative est la suite logique de ce que nous avons commencé dans la Bagoué. Nous avions mis en place la Fegaf, le groupement et l’association féminine de la Bagoué. Cette expérience a eu un écho favorable auprès des cadres de Bondoukou, en particulier le ministre Kobenan Kouassi Adjoumani et l’honorable Maizan Koffi Noël. Ils ont souhaité que nous fassions la même chose chez eux dans l’arrière-Zanzan.
L’autonomisation des femmes étant au cœur de votre mission, quels ont été les leviers qui ont permis à nombre d’entre elles de s’épanouir ? La Fegaf est un groupement d’associations de femmes qui a été créé dans la Bagoué, officiellement en 2021. Mais nous avons commencé à travailler et à mettre en place la Fegaf dix ans avant. L’objectif principal est de travailler sur l’autonomisation de la femme. Nous sommes partis d’un constat avec le ministre Bruno Nabagné Koné, du fait que les femmes dans la Bagoué travaillaient beaucoup au champ, malgré leurs occupations au village. En retour, elles ne voyaient pas les retombées de leur travail. Le ministre avait la volonté d’aider les femmes, mais c’était difficile de le faire individuellement. C’est pour cela que nous avons réfléchi à la manière de les mettre en association, de les aider à alléger ce qu’elles font. Elles sont majoritairement des femmes rurales.
Aider une femme, c’est aider toute une famille. Le ministre a vite compris et nous a mis en mission pour que nous encadrions ces femmes. C’est ce que nous avons fait pendant dix ans. Nous avons fédéré ces associations pour que nous puissions avoir plus de force.Combien d’associations compte la Fegaf ?Dans la Bagoué, nous sommes partis avec une centaine d’associations. Aujourd’hui, la Fegaf regroupe plus de cinq cent associations avec plus de cinquante mille membres. A Séguéla, Gagnoa, Korhogo, la Fegaf est en gestation et nous sommes à plus d’une vingtaine d’associations. Elle intervient dans plusieurs domaines d’activité, puisque nous sommes une fédération d’associations. On y trouve des associations de fonctionnaires, d’artisanes, de commerçantes.
Dans la Bagoué, les femmes sont beaucoup dans le domaine de l’agriculture.Quelles sont les principales sources de financement qui permettent à la Fegaf d’octroyer des fonds ?Nous avons commencé dans la Bagoué avec les femmes et nous avons bénéficié de l’appui du ministre Bruno Koné. C’était son idée et sa conviction d’aider les femmes. Il nous a aidés au tout début. Aujourd’hui, la Fegaf essaie de prendre son autonomie et d’imaginer des sources de financement pour permettre aux femmes de se prendre en charge. Par exemple, la transformation des produits agricoles de ces femmes.
Nous travaillons à racheter à ces femmes les produits, non seulement pour leur permettre d’avoir des financements, mais aussi de les transformer et les commercialiser à l’extérieur pour leur permettre d’avoir des ressources. Cela nous permet d’avoir des retours sur la transformation et la commercialisation afin d’investir à nouveau dans d’autres domaines d’activité des femmes.
Puisque les femmes sont en association, nous les formons et les initions aux projets gouvernementaux qui qui leur permettent de prendre leur autonomie. Je parle de l’Avec (Association villageoise d’épargne et de crédit) : le ministère de la Femme, de la Femme et de l’Enfant leur explique ce processus, elles arrivent à se mettre en association, à économiser de l’argent et à avoir des caisses. Quand l’une a un besoin financier, elle peut venir puiser dans cette caisse. Nous avons un regard vers la communauté internationale qui a beaucoup de projets pour l’autonomisation des femmes, qu’elles ne connaissent pas en milieu rural. Nous servons d’intermédiaires et nous travaillons à l’éligibilité de ces projets pour que nos mamans puissent en bénéficier.
