
L’ancien président Macky Sall a lancé une nouvelle contre‑attaque juridique autour de la dette publique dite « cachée », estimée à 7 milliards de dollars (environ 4 200 milliards FCFA). Ses avocats du cabinet français FTMS ont adressé un courrier officiel au Fonds monétaire international (FMI) pour contester la méthodologie utilisée dans l’audit qui a révélé ce montant.
La dette cachée aurait été contractée entre 2019 et 2024, sous le mandat de Macky Sall. Le rapport de la Cour des comptes (février 2025) et un audit du FMI ont confirmé un déficit budgétaire anormal, passant de 4,9 % à 12,3 % du PIB en 2023, puis 14 % en 2024.
Les avocats de Sall veulent savoir si le FMI a mené sa propre enquête ou s’il s’est basé uniquement sur les données fournies par l’administration sénégalaise. Ils sollicitent la transmission de tous les documents ayant servi à l’audit et une rencontre avec un représentant du FMI.Ils dénoncent des erreurs de méthodologie et une absence de vérification de la fiabilité des informations utilisées par la Cour des comptes.Le FMI n’a pas encore répondu officiellement.
Le gouvernement actuel (présidence de Diomaye Faye, Premier ministre Ousmane Sonko) maintient que les chiffres sont crédibles et que la transparence budgétaire est une priorité.
Cette bataille juridique intervient dans un climat de tension entre l’ex‑pouvoir et la nouvelle majorité, avec des accusations réciproques de manipulation des comptes publics.La dette publique sénégalaise dépasse désormais 130 % du PIB, aggravant les risques de défaillance et poussant les agences de notation à dégrader la note du pays (CCC+ par S&P).
Macky Sall cherche à discréditer l’audit du FMI sur la dette cachée en demandant des comptes à l’institution internationale, mais le dossier reste ouvert et pourrait avoir des répercussions politiques et financières majeures pour le Sénégal.
