
Le président Bassirou Diomaye Faye a interrompu sa visite officielle aux États-Unis pour rentrer précipitamment à Dakar. Cette décision intervient dans un contexte de crise aiguë entre lui et son Premier ministre Ousmane Sonko, dont les déclarations publiques ont mis à nu une fracture au sommet de l’exécutif.
Depuis plusieurs semaines, les deux hommes s’opposent sur la gestion de la coalition « Diomaye Président ». Sonko accuse le président de manque d’autorité et de ne pas le soutenir face aux critiques. Il a même lancé : « J’interpelle le président Bassirou Diomaye Faye pour qu’il prenne ses responsabilités, sinon qu’il me laisse faire. » Le remplacement d’Aïssatou Mbodj par Aminata Touré à la tête de la coalition a été perçu comme une décision unilatérale de Diomaye, ce qui a exacerbé les tensions. Le chef de l’État devait participer à des rencontres diplomatiques aux USA, mais son retour anticipé suggère une urgence politique au Palais.
Les observateurs estiment que la crise reflète une lutte d’influence entre la présidence et le parti Pastef, dont Sonko reste le leader charismatique. Un bras de fer prolongé pourrait fragiliser la gouvernance, surtout avec une dette publique élevée (119 % du PIB) et des réformes bloquées. Les réseaux sociaux s’enflamment, les soutiens de Sonko dénoncent une « instrumentalisation » de la justice et des nominations, tandis que les proches de Diomaye défendent son autorité constitutionnelle.
Le retour précipité de Diomaye Faye s’inscrit dans une crise de confiance profonde avec Ousmane Sonko, marquée par des désaccords sur la gestion de la coalition et un manque d’autorité perçu. La suite dépendra de leur capacité à trouver un compromis ou d’une possible dissolution de l’Assemblée.
