Les membres d’INSO, organisation néerlandaise spécialisée dans la sécurité humanitaire, ont été libérés fin octobre, soit trois mois après la suspension des activités de l’ONG par la junte burkinabè.
International NGO Safety Organisation (INSO), ONG basée aux Pays-Bas, a annoncé ce vendredi 5 décembre la libération fin octobre de huit de ses membres, dont trois Européens – un Français, une Franco-sénégalaise et un Tchèque. Ils avaient été arrêtés pour « espionnage » par les autorités burkinabè. L’ONG, qui fournit notamment des analyses sécuritaires pour d’autres associations humanitaires, « salue la libération de ses collègues effectuée en toute sécurité et est reconnaissant[e] du soutien qui l’a rendue possible ».
Elle précise que la libération de ses membres s’est faite fin octobre. Les arrestations ont eu lieu après la suspension fin juillet des activités de l’ONG par la junte du Burkina Faso pour trois mois, accusée de « collecte de données à caractère sensible sans autorisation préalable ». Le directeur pays avait été arrêté fin juillet selon plusieurs sources et, selon la junte, le directeur global des programmes s’était rendu à Ouagadougou le 8 septembre, malgré la suspension.
« Une ONG étrangère, dirigée par des étrangers »
Début octobre, la junte avait annoncé avoir arrêté les huit membres de l’ONG. Ils étaient accusés par les autorités « d’espionnage et de trahison ». Le ministre de la Sécurité, Mahamadou Sana, avait déclaré qu’« INSO est une ONG étrangère, dirigée par des étrangers, qui collectait et fournissait des informations sécuritaires sensibles pouvant être préjudiciables à la sécurité nationale et aux intérêts du Burkina Faso, à des puissances étrangères ».
« Nous restons engagés pour soutenir l’aide délivrée par les organisations humanitaires en toute sécurité, à tous ceux dans le besoin », a assuré INSO, qui n’a pas souhaité donner plus de détails vendredi sur les conditions de la libération de ses huit employés. « Nous nous efforçons de faire respecter les principes humanitaires partout où nous travaillons », a ajouté l’ONG.
Les ONG suspendues dans les trois pays de l’AES
Le Burkina Faso a suspendu et révoqué l’autorisation d’exercer de plusieurs dizaines d’ONG et associations. Le Niger, également membre de l’Alliance des États du Sahel (AES), a lui aussi récemment suspendu plusieurs centaines d’ONG et d’associations de développement, locales et étrangères, qu’il accuse régulièrement de manquer de transparence et de soutenir les « terroristes ». Fin 2024, Niamey avait révoqué l’autorisation d’exercer d’INSO sur son territoire.
Au Mali, la junte avait interdit les activités de toutes les ONG financées ou soutenues par la France dès 2022. En outre, un agent de renseignement français sous statut diplomatique est détenu à Bamako depuis août, accusé d’avoir pris part à une « conspiration » contre les institutions menée par « un groupuscule d’éléments marginaux des forces armées de sécurité malienne », des accusations « sans fondement » selon le Quai d’Orsay.
(Avec AFP)
