Le magistrat à la retraite Ousmane Kane démonte les “charges vides: « Les charges sont désespérément vides. »
Le magistrat s’attarde longuement sur le cas Badara Gadiaga, emblématique selon lui des contradictions du système.Bien que la Chambre d’accusation ait décidé de sa mise en liberté sous contrôle judiciaire, il reste détenu, car : en matière de liberté provisoire, l’appel du parquet est suspensif, et celui-ci peut attendre « le dernier jour, à la dernière heure » pour se prononcer.Une preuve, selon Ousmane Kane, que le Procureur général reste inféodé au ministère de la Justice, bien que tous les régimes successifs aient promis de couper ce lien organique.
Le magistrat se dit surpris par un point précis :si Gadiaga est toujours poursuivi sous l’article 80 alinéa 2 du Code pénal un article liberticide longtemps dénoncé alors toute demande de mise en liberté est irrecevable.
Pour que juge d’instruction et Chambre aient tout de même décidé d’une libération, cela signifie selon lui une seule chose :les charges sont “désespérément vides”
Une situation qui expose cette décision à une probable annulation par la Cour suprême, même si, souligne-t-il, les juges auront « la conscience tranquille ».
Le contrôle judiciaire lui impose une interdiction de sortir de 21h au matin, ce qui revient à l’empêcher de participer à son émission, diffusée à partir de 22h.
Une entorse flagrante selon Kane :« La Constitution garantit le droit au travail à chaque citoyen. »
Pour Ousmane Kane, le constat est clair :la politique pénale actuelle complique inutilement la tâche des magistrats et crée des tensions inutiles.Il donne un exemple frappant certaines personnalités anciennement détenues reviennent encore plus virulentes dans les déclarations qui les avaient menées en prison… sans aucune conséquence judiciaire. Pour lui, « Un État qui en arrive à ce point doit se remettre en question dans ses rapports avec la Justice.
