Bourses de master : le Ministère de l’Enseignement supérieur, de la Recherche et de l’Innovation (MESRI) annonce un plan de sortie de crise
Face à la crise qui secoue depuis plusieurs mois la communauté estudiantine de l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar (UCAD) et aux demandes pressantes des étudiants en master, le MESRI, dirigé par le Professeur Daouda Ngom, a formulé des propositions précises pour « sortir de crise ». Le communiqué officiel rendu public ce jour dévoile notamment un dispositif de paiement progressif et d’accompagnement des étudiants retardataires.
UN PLAN EN DEUX VOLETS
Le MESRI s’engage à régler la bourse de master 1 pour l’année académique 2025/2026, et celle de master 2 durant l’année 2026/2027. En complément, un montant forfaitaire de 115 000 FCFA (cent quinze mille francs CFA) sera versé aux 12 238 étudiants encore en attente de leur allocation, couvrant les 24 mois réglementaires. Concernant les étudiants de master 2 déjà inscrits en 2025/2026 ou en cours de formation :Une rémunération globale de 390 000 FCFA sera attribuée, répartie en mensualités de 65 000 FCFA de février à juillet 2026.Pour les étudiants dont la soutenance ou la fin de cycle survient début 2026, une allocation exceptionnelle de 300 000 FCFA sera versée en février.Enfin, une aide de mémoire d’un montant de 150 000 FCFA sera versée dès janvier 2026 à tous les étudiants inscrits en master II. Au total, ces mesures représentent un engagement financier étatique estimé à plus de 3,8 milliards de francs CFA.
Ce plan intervient dans un contexte de vives tensions sur les campus : des retards répétés dans le versement des bourses, des plaintes de la part des étudiants, et des menaces de blocage. Dans ce contexte, le MESRI a récemment exigé des universités publiques de transmettre, au plus tard le 16 décembre 2025, la liste des étudiants de master 2 éligibles à l’inscription pour l’année 2025/2026 une mesure censée anticiper le paiement des allocations et éviter de nouveaux retards.
De même, un communiqué publié fin novembre indiquait la convocation d’un « comité paritaire » pour examiner les cas des étudiants dont les dossiers avaient été transmis tardivement. Malgré ces engagements, le principal syndicat étudiant de l’UCAD, le Collectif des Amicales de l’UCAD, reste vigilant : il a déjà dénoncé le manque de transparence des autorités et réclame l’intervention du chef de l’État en cas de manquement du MESRI.La mise en œuvre effective des versements. Les montants annoncés devront effectivement parvenir aux étudiants concernés dans les délais promis. La régularisation des inscriptions tardives. Le MESRI doit s’assurer que toutes les listes soient à jour, pour éviter que des étudiants restent exclus du dispositif. Le climat sur les campus. La communication ministérielle et les promesses financières visent à désamorcer les tensions. Mais la confiance des étudiants envers les autorités reste fragile.
En formalisant ce plan de sortie de crise, le MESRI tente de répondre enfin aux revendications récurrentes des étudiants de master de l’UCAD et potentiellement d’autres universités publiques. Si les annonces d’aujourd’hui sont scrupuleusement appliquées, il pourrait s’agir d’un tournant vers une meilleure stabilité sociale et financière pour des milliers d’étudiants sénégalais. Reste maintenant à transformer les promesses en actes.
