Cinq jours après la tentative de coup d’État déjouée contre Patrice Talon, l’activiste franco-béninois se trouve dans le viseur de la justice après ses messages diffusés sur les réseaux sociaux dans lesquels il se félicitait du putsch.
Ce 12 décembre, Cotonou a émis un mandat d’arrêt international contre l’activiste franco-béninois Kemi Seba, mais aussi contre Sabi Sira Korogone, président du Mouvement populaire de libération (MPL), pour « apologie du terrorisme » et « incitation à la révolte ». Selon une source judiciaire, ils risquent de 2 à 5 ans de prison et jusqu’à 10 millions de F CFA d’amende.
Il avait ensuite affirmé que ce n’était qu’un premier coup d’essai qui pourrait être réitéré si le chef de l’État béninois ne se remettait pas en question. « Aujourd’hui est le jour de la libération, notre peuple a été humilié, brimé, ostracisé, économiquement parlant discriminé et étouffé. […] Ils ont mis aux arrêts le président Talon. […] Le Bénin libre ou la mort », avait-t-il lancé dans les premières heures qui ont suivi la tentative de putsch.
Azannaï entendu par la police judicaire
L’ancien ministre de la Défense devenu opposant, Candide Azannaï, proche de Sabi Sira Korogone, a par ailleurs été interpellé dans la matinée du 12 décembre, aux environs de 11 heures, au siège de son parti, Restaurer l’Espoir, où il tenait une séance de travail. Il est actuellement entendu par les enquêteurs de la direction de la police judiciaire.
Pour l’heure, les raisons de son interpellation sont encore inconnues. La veille du putsch manqué, une réunion de son parti, Restaurer l’espoir, avait été interdite dans la ville de Sèmè-Kpodji, à 30 km de Cotonou par la police. Soutien de la première heure du chef de l’État béninois, Candide Azannaï multipliait les sorties virulentes contre le pouvoir depuis sa rupture avec celui-ci en mars 2017 et sa démission du gouvernement. Il était partisan d’une ligne dite de « la résistance », refusant toute participation aux élections organisées par le gouvernement, ainsi que toute forme d’alliance avec le principal parti d’opposition, Les Démocrates, perçu comme « radical » par le pouvoir.
