Gouvernance et reddition des comptes : Elimane Haby Kane salue la volonté du Président Diomaye Faye, mais attend des résultats concrets
Invité de l’émission Objection sur Sud FM, ce dimanche, le sociologue et président du think tank Legs Africa, Elimane Haby Kane, a estimé que le Président de la République, Bassirou Diomaye Faye, a fait preuve d’« efforts et d’une volonté affirmée » en matière de reddition des comptes, même si les retombées concrètes de cette orientation tardent encore à se faire sentir dans le quotidien des Sénégalais.
Selon le panafricain et promoteur de la « citoyenneté transformatrice » en Afrique, le chef de l’État a, dès le début de son mandat, « donné assez tôt le ton » en mettant l’accent sur les questions de gouvernance, de transparence et de redevabilité. Toutefois, en pratique, cette volonté politique « tarde à se matérialiser » dans la gestion publique, a-t-il nuancé.
Elimane Haby Kane a notamment déploré la non-publication de l’ensemble des rapports de gouvernance, pourtant promise par le Président Faye avant et après son élection. « Il y a aussi d’autres lois votées qui renforcent le dispositif de redevabilité et de contrôle. Le Président avait beaucoup insisté sur la publication des rapports, mais il y en a qui ne sont pas encore publiés », a-t-il regretté, appelant les autorités à aller « jusqu’au bout » de cet engagement. Pour lui, il est impératif de « clarifier les choses, surtout quand il y a une forte demande citoyenne ».
Le sociologue s’est néanmoins réjoui de la mise en œuvre de l’Office national de lutte contre la fraude et la corruption (OFNAC), tout en estimant que le chef de l’État « a traîné les pieds » sur ce dossier après son élection.
Il a par ailleurs relevé la composition de l’OFNAC, qu’il juge dominée par des « juristes-magistrats », alors que, selon lui, la lutte contre la fraude et la corruption comporte « des dimensions très importantes qui n’ont rien à voir avec le droit ». À ce titre, Elimane Haby Kane a invité l’État à « revoir certaines choses » afin de renforcer l’efficacité de l’institution.
En somme, si la dynamique impulsée par le Président Diomaye Faye est saluée, le sociologue appelle à une accélération des actes et à une meilleure adéquation entre les engagements pris et leur mise en œuvre effective.
