Administration sénégalaise : les agents décrètent une grève générale de 48 heures à partir de demain
L’Intersyndicale des travailleurs de l’administration a annoncé une nouvelle intensification de son mouvement de protestation, à l’issue d’une réunion tenue le samedi 13 décembre 2025, en présence des différents secrétaires généraux des syndicats membres.L’information a été rendue publique par son coordonnateur, Omar Dramé, qui a dressé le bilan de la deuxième phase du plan d’action et dévoilé les prochaines étapes de la mobilisation.Face à ce qu’elle considère comme une indifférence des autorités, l’Intersyndicale a décidé d’engager la troisième phase de son plan d’action. Celle-ci prévoit une grève générale de 48 heures, renouvelable, les lundi 15 et mardi 16 décembre 2025, sur toute l’étendue du territoire national. En outre, une marche nationale est annoncée pour le jeudi 18 décembre 2025, en collaboration avec la Fédération des Syndicats de la Santé (F2S).Omar Dramé dénonce le silence persistant du Gouvernement qualifié de manque de considération et de respect envers les organisations syndicales. « À ce jour, aucune réponse officielle n’a été apportée à la mobilisation des travailleurs, une situation incompréhensible et inacceptable », a-t-il déclaré, soulignant l’exaspération croissante au sein des rangs syndicaux.Au cœur des revendications figure le paiement de 5 mois d’indemnité de logement, engagement que le Gouvernement n’a pas encore honoré. À ce sujet, l’Intersyndicale rappelle la déclaration récente du Ministre des Finances et du Budget, qui avait annoncé, lors du vote du budget du ministère de la Fonction publique, la signature imminente du décret y afférent dans un délai d’une semaine.L’Intersyndicale se dit par ailleurs inquiète de « manœuvres réglementaires » qui viseraient à rendre la LFR caduque en fin d’exercice budgétaire, une éventualité jugée inacceptable par les syndicats.
L’Intersyndicale a également interpellé les acteurs économiques des secteurs concernés, affirmant que l’absence de réaction de l’État aggrave leur précarité et accentue une morosité économique déjà préoccupante. Dans le même temps, elle a lancé un appel aux députés de l’Assemblée nationale, les exhortant à veiller à l’exécution effective des dépenses qu’ils ont autorisées dans le cadre de la Loi de finances rectificative (LFR). Le non-respect de ces engagements, selon Omar Dramé, porterait atteinte à la crédibilité du Parlement et à la sincérité budgétaire de l’État.
Face à la persistance du silence gouvernemental, il informe que l’Intersyndicale poursuivra le combat « avec détermination, responsabilité et engagement » jusqu’à la satisfaction totale des revendications. Avant toute escalade supplémentaire, elle appelle une dernière fois le Gouvernement à respecter ses engagements contenus dans le Pacte de stabilité sociale pour une croissance inclusive et durable
