La moitié des pays concernés par une nouvelle vague de rappels de responsables diplomatiques américains se situe sur le continent africain. Washington parle de « processus standard ».
Si le continent africain sait le dédain mâtiné d’ignorance que lui voue le 47ᵉ président des États-Unis, il reste parfois surpris par la forme que prend tel ou tel aspect du remodelage de la stratégie diplomatique.
Mercredi dernier, c’est officiellement pour des motifs de cohérence idéologique que l’administration Trump a rappelé les chefs de missions d’au moins 29 pays, sans lien théorique apparent avec le fait que ces pays soient ou non africains. La moitié des ambassadeurs concernés était pourtant en poste sur ce continent, qui est donc le plus touché par ces récents rappels…
Les nations africaines concernées par cette « purge » sont l’Algérie, le Burundi, le Cameroun, le Cap-Vert, le Gabon, la Côte d’Ivoire, l’Égypte, Madagascar, Maurice, le Niger, le Nigeria, le Rwanda, le Sénégal, la Somalie et l’Ouganda. Des responsables du département d’État américain auraient signifié aux diplomates concernés – ambassadeurs ou autres employés de haut niveau – que leurs mandats, bien que manifestement pas échus, prendraient fin dès janvier.
Trump first
Chasse aux sorcières ? Le ministère américain en charge des Affaires étrangères banalise cette valse de responsables, rappelant, sans commenter davantage tel ou tel cas, qu’un ambassadeur est « un représentant personnel du président ». La personnalisation à l’excès de l’actuelle administration requerrait donc une cohorte de missionnés « qui font avancer le programme America First ». Les récents rappels ne seraient que l’expression banale d’un « processus standard dans toute administration ».
La valse qui est en train de se dérouler n’est d’ailleurs que la réplique tellurique d’une autre vague d’évictions effectuée au début du second mandat de l’actuel locataire de la Maison-Blanche. Ce qui n’a pas empêché des parlementaires et le syndicat représentant les diplomates américains de s’émouvoir.
Réaffectations et non licenciements
Pour dédramatiser la bifurcation de carrière de certains ambassadeurs américains, qui étaient en droit d’escompter plusieurs années supplémentaires à leur poste – au regard de la durée moyenne à ce type de fonction –, Washington précise qu’ils ne quittent pas le service diplomatique puisqu’ils devraient être réaffectés à des postes qu’ils seront tout à fait libres d’accepter ou non.
Une Arménie qui demandera peut-être une confirmation de la notification, Donald Trump l’ayant récemment confondue avec l’Albanie, dans l’évocation d’un conflit avec l’Azerbaïdjan…
