Le haut fonctionnaire de Torodi est mort dans une attaque jihadiste attribuée au Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (Jnim). Le groupe des assaillants aurait pris le contrôle de la ville.
Le préfet de Torodi, ville située à une soixantaine de kilomètres au sud-ouest de la capitale nigérienne Niamey, a été tué avec sa famille dans une attaque de jihadistes présumés contre sa résidence, ont rapporté des sources locales le 5 janvier. Le Niger, gouverné par une junte depuis deux ans et demi, fait face à des attaques jihadistes de groupes liés à Al-Qaida et l’État islamique, notamment dans sa partie ouest, que les autorités peinent à endiguer.
« Le préfet de Torodi, le capitaine Chaibou Mali, sa femme et ses enfants sont morts calcinés après une attaque d’assaillants lourdement armés », dans la nuit du 4 au 5 janvier, vers 2 heures du matin, a déclaré un habitant de cette ville située près du Burkina Faso, joint au téléphone par l’AFP. Une autre source locale a confirmé l’attaque, précisant que les assaillants ont « tiré une roquette » sur la résidence du préfet où se trouvaient également « sa femme et ses enfants ». Les défunts seront inhumés le 6 janvier à Niamey, selon cette source.
Le groupe de journalistes ouest-africains spécialisé dans l’actualité sécuritaire au Sahel attribue cette attaque au Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (Jnim, proche d’Al-Qaida) et évoque un bilan de sept morts, « le préfet, son épouse, leurs enfants et une personne non identifiée ». Citant des témoins, il indique que le groupe jihadiste a brièvement pris le contrôle de la ville de Torodi jusqu’à 5 heures du matin. Le drame était relayé sur les réseaux sociaux. Maikoul Zodi, figure de la société civile, favorable au régime, a appelé les autorités « à réagir avec toute la détermination et la célérité que cette tragédie exige ».
Force antijihadiste de l’AES
Fin décembre, le régime militaire avait annoncé « la mobilisation générale » et des « réquisitions » possibles de personnes et de biens afin de combattre les jihadistes.
Dès sa prise du pouvoir, la junte, qui prône la souveraineté, a chassé les soldats français et les troupes américaines qui combattaient les jihadistes notamment dans l’ouest proche du Mali et du Burkina Faso, deux voisins confrontés aux mêmes violences.
Le Sahel est en effet devenu l’épicentre des violences jihadistes en Afrique, avec plus de 10 000 morts dans ces trois pays en 2025, comme en 2024, selon l’ONG Acled qui documente les conflits dans le monde. Le Niger, le Mali et le Burkina, tous trois dirigés par des juntes militaires et réunis dans la confédération de l’Alliance des États du Sahel (AES), ont lancé leur propre force antijihadiste commune de 5 000 hommes.
(Avec AFP)
