Quatre civils ont été enlevés dans plusieurs sites industriels, dans l’ouest du Mali, lors d’attaques qui ont provoqué des « dégâts considérables » sur ces installations. Cette offensive, non revendiquée pour l’heure, semble s’inscrire dans la continuité de la stratégie d’asphyxie de l’économie malienne menée pa
Des hommes armés ont attaqué trois sites industriels et enlevé quatre civils, dimanche matin dans l’ouest du Mali. « Près de 160 terroristes circulant à moto ont pris part aux attaques », indique sur X Wamaps, groupe de journalistes ouest-africains spécialisé dans l’actualité sécuritaire au Sahel. Ces attaques n’avaient pas été revendiquées, lundi en début d’après midi.
« Les terroristes, après le blocus économique, veulent empêcher les usines de tourner. Ils ont attaqué trois usines dimanche dans la région de Kayes [ouest]. Les dégâts sont énormes », confie une source sécuritaire malienne, qui assure que « l’État a dépêché des renforts sur le terrain ». Ibrahima Diawara, PDG de l’usine Stones, qui produit du carbonate de calcium, de la chaux et de l’enduit près de la localité de Bafoulabé, déplore des « dégâts considérables ». Selon lui, « deux autres usines dans le même secteur ont été attaquées et brûlées ».
Des sites déjà ciblés par le passé
Depuis plusieurs mois, les jihadistes du Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (Jnim), affilié à Al-Qaïda, prennent pour cible des convois de carburant et des sites industriels et miniers pour asphyxier l’économie du pays. Selon un élu de la région de Kayes, « les jihadistes avaient déjà attaqué ces sites il y a quelques mois. […] Quatre civils ont été enlevés » cette fois. « L’État doit renforcer la sécurité sur place », plaide-t-il.
En juin dernier, le Jnim avait menacé de frapper les industries étrangères installées dans le pays et toute autre entreprise faisant des affaires avec l’État malien sans « son autorisation ». Depuis, de nombreux sites industriels ont été attaqués et plusieurs civils, surtout étrangers, ont été enlevés, principalement dans l’ouest du pays. Ces enlèvements permettent aux jihadistes de se financer en demandant des rançons.
Dans le cadre de ce « jihad économique », les groupes armés attaquent également les convois de carburant. Au plus fort de la crise, en octobre et novembre, Bamako avait subi d’importantes pénuries en carburant, grippant l’économie de la capitale et entraînant des délestages d’électricité.
(Avec AFP)
