L’accord qui encadre la politique commerciale américaine avec l’Afrique depuis 25 ans avait pris fin sans cérémonie le 1er octobre dernier. Mais la Chambre des représentants semble décidée à le ressusciter à l’heure où les États-Unis perdent de leur influence face à la Chine sur le continent.
Les faits. La Chambre des représentants américaine doit voter cette semaine sur un projet de loi visant à relancer et à renouveler l’African Growth and Opportunity Act (Agoa) pour trois années supplémentaires, jusqu’à la fin du mandat de Donald Trump. La pierre angulaire de la politique commerciale américaine avec l’Afrique depuis 25 ans a pris fin sans cérémonie le 1er octobre, mais la Chambre des représentants l’a de manière inattendue ressuscitée en décembre.
Un vote favorable rétablirait l’accès en franchise de droits pour un large éventail de produits provenant des pays éligibles d’Afrique subsaharienne, à un moment où les États-Unis continuent de perdre de leur influence au profit de la Chine, qui s’est empressée d’offrir un accès en franchise de droits aux pays d’Afrique subsaharienne après que Trump ait augmenté les droits de douane l’année dernière.
Le contexte. Alors que Trump devrait suspendre les avantages accordés à l’Afrique du Sud dans le cadre de l’Agoa si le programme venait à être relancé, son nouvel envoyé se montre plus optimiste quant aux perspectives à long terme des relations bilatérales. Après avoir prêté serment la semaine dernière devant le sénateur texan Ted Cruz, président de la commission des relations étrangères du Sénat pour l’Afrique, Brent Bozell s’apprête à s’adresser au Centre d’affaires États-Unis-Afrique de la Chambre de commerce américaine avant de se rendre à Pretoria.
Après la participation d’une délégation américaine à la prestation de serment du président gabonais Brice Clotaire Oligui Nguema en mai 2025, des représentants américains devraient assister à la prestation de serment d’un autre putschiste africain devenu dirigeant élu en Guinée. Le sous-secrétaire adjoint pour l’Afrique de l’Ouest, Will Stevens, devrait diriger la délégation américaine à l’investiture du général Mamadi Doumbouya, le 17 janvier.
Massad Boulos, conseiller principal pour les affaires arabes et africaines, ferait également partie de la délégation aux côtés de Troy Fitrell, ancien haut responsable du Bureau des affaires africaines du Département d’État, qui est aujourd’hui consultant pour divers intérêts africains.
L’analyse. Les États-Unis envisagent de jouer un rôle plus important en Guinée, alors que ce pays d’Afrique de l’Ouest s’apprête à entrer dans une nouvelle ère en tant qu’acteur majeur de l’industrie sidérurgique mondiale, avec l’exploitation du plus grand gisement de minerai de fer à haute teneur encore inexploité au monde, situé à Simandou. La concurrence avec la Chine est féroce, les États-Unis soutenant un futur « corridor de la liberté » reliant les gisements de minerai guinéens d’Ivanhoe Atlantic à la côte libérienne.
