Alors que l’Espagne voit sa production automobile ralentir, le Maroc s’impose comme un acteur incontournable en attirant la fabrication de modèles emblématiques, dont la nouvelle génération du Citroën C4. Cette décision de Stellantis illustre non seulement la montée en puissance industrielle du Royaume, mais elle suscite également une inquiétude croissante à Madrid face à la concurrence marocaine, capable de respecter les standards européens tout en offrant des infrastructures logistiques modernes et une main-d’œuvre qualifiée.
L’industrie automobile espagnole voit ses certitudes vaciller. Longtemps leader en Europe grâce à ses usines historiques, l’Espagne perd désormais du terrain face à un concurrent de plus en plus solide : le Maroc. Le transfert de la production de la nouvelle génération du Citroën C4 de l’usine de Vigo vers Kenitra illustre parfaitement cette mutation et alarme les autorités et les acteurs du secteur en Espagne, souligne le média AutoBild.es.
L’usine galicienne de Vigo, moteur du secteur espagnol, a produit près de 600 000 véhicules en 2025, mais cette performance n’empêche pas le pays de subir un recul global de sa production, tombée à 2,3 millions de voitures, soit une baisse de près de 4 % par rapport à l’année précédente. Dans ce contexte, le choix de Stellantis de confier au Maroc la fabrication du C4 symbolise un déséquilibre industriel en faveur du Royaume et soulève des questions sur l’avenir des usines espagnoles, note AutoBild.es.
Pour le Maroc, cette décision est un signe de reconnaissance de sa capacité industrielle et technologique. La nouvelle génération du C4 sera assemblée à Kenitra, avec un contenu local dépassant 69 % et des perspectives d’atteindre 80 %. Le pays se positionne ainsi comme un acteur incontournable, capable de répondre aux exigences strictes de qualité des grands groupes européens. Le Maroc devient le premier producteur de voitures en Afrique et se rapproche de la barre d’un million de véhicules par an, renforçant son rôle stratégique dans les chaînes de valeur mondiales.
Cette inquiétude espagnole est accentuée par les infrastructures modernes marocaines. Le port de Tanger Med, combiné à un réseau logistique efficace, permet aux constructeurs d’exporter rapidement vers plus de 75 destinations, principalement européennes. Le Royaume attire également des investissements de pointe, notamment dans la production de véhicules électriques et les batteries lithium, en partenariat avec des entreprises chinoises.
Le secteur bénéficie en outre de la présence de plus de 250 fournisseurs internationaux, parmi lesquels Lear, Yazaki et Magneti Marelli, qui fournissent composants moteurs, sièges et systèmes de câblage. Pour les experts, le “Made in Morocco” du nouveau C4 sera synonyme de qualité et d’innovation, mais aussi un signal clair pour l’Espagne : les modèles emblématiques ne sont plus à l’abri d’être produits hors de ses frontières.
Au final, le succès marocain dans l’automobile met l’Espagne face à un choix difficile : investir pour rester compétitive ou accepter de perdre progressivement des modèles historiques au profit d’un Royaume qui se positionne comme un nouveau pilier industriel en Afrique et en Europe.
