Au Mali, l’insécurité liée aux activités terroristes porte un coup sévère au secteur de l’enseignement. Mais des alternatives se mettent en place face à la fermeture des écoles dans certaines localités du centre du pays. Les élèves privés d’éducation bénéficient ainsi d’appui pour pouvoir poursuivre leur scolarité ailleurs. Or la réalité demeure amère dans d’autres zones où l’insécurité a précipité l’arrêt des cours, brisant par la même occasion le rêve de milliers d’enfants qui aspirent à une vie meilleure.
A Baye, dans le cercle de Bankass, dans le centre du pays, les écoles sont fermées depuis près de sept ans.
Une situation jugée délicate par le collectif des associations des jeunes du pays Dogon. Les membres de cette association ont décidé en 2021, de venir en aide aux élèves en classe de 8e et de 9e année. L’objectif est de leur permettre de passer l’examen du D.E.F, le diplôme d’études fondamentales, dans des zones sécurisées.
Une idée qui a porté ses fruits selon ce ressortissant de Baye, qui a décidé de s’exprimer sous le couvert de l’anonymat :
« Par la grâce d’Allah, certains d’entre eux ont pu faire le lycée et même l’université. D’autres sont passés par les centres de formation professionnelle. Sans cette assistance, ce sont des générations entières qui seraient sacrifiées par faute d’éducation. Ayant eu la chance de poursuivre des études supérieures, nous avons décidé de nous cotiser pour prendre en charge les frais d’études de quelques élèves en terminale. Nous lançons un appel aux acteurs de l’éducation ainsi qu’au gouvernement, afin qu’ils nous aident à assister ces élèves privés d’éducation. »
A Macina, toujours dans le centre du Mali, la présence des groupes armés a également provoqué en 2023, la fermeture des salles de classes, notamment dans les localités de Saro ou encore de Saye. Ce qui a occasionné le déplacement de plusieurs centaines de personnes.
Certains d’enfants, ont pu, grâce à l’appui des autorités locales, se réinscrire dans les établissements scolaires qui fonctionnent. Ce parent d’élève vivant dans la zone, lance un cri de cœur pour que tous les enfants ayant été contraints d’abandonner les cours puissent reprendre le chemin de l’école :
« Il y a énormément d’élèves qui se sont déplacés avec leurs parents et qui sont aujourd’hui en abandon scolaire par faute de moyens dans la plupart des cas. Je crois qu’il est temps, que les autorités scolaires recensent ces enfants et les aident à reprendre les cours. Parce que sans l’éducation scolaire, je vois mal un avenir certain pour eux. »
Selon des données récentes, près de 2.000 écoles sont fermées sur l’ensemble du territoire malien. On estime à plus d’un demi-million le nombre d’enfants déscolarisés dans les régions du centre et du nord du pays.
