Ce week-end, « huit drones ennemis ont été neutralisés avant d’atteindre leur cible », un aéroport civil qui sert également de base aux drones de combat et aux avions de chasse de l’armée congolaise. Les autorités locales accusent l’AFC/M23 et Kigali d’être à l’origine de l’attaque.
L’aéroport de Kisangani, grande ville du nord-est de la RDC, a été ciblé ce week-end par une attaque de « drones kamikazes », selon le gouvernement de la province de la Tshopo dans un communiqué transmis lundi à l’AFP.
« Des drones kamikazes porteurs de munitions […] ont ciblé l’aéroport », entre samedi 31 janvier et dimanche 1er février, selon les autorités locales. « Huit drones ennemis ont été neutralisés avant d’atteindre leur cible », ont-elles précisé. Aucune victime n’a été signalée.
« La situation est sous contrôle »
Kisangani, ville de plus de 1,5 million d’habitants située sur les rives du fleuve Congo, dépend largement de son aéroport en raison du mauvais état des routes. Son aéroport civil est également utilisé par l’armée congolaise et ses aéronefs. La piste sert notamment au décollage des drones d’attaque et des avions de chasse de l’armée congolaise, qui mènent régulièrement des frappes sur les positions de l’AFC/M23 et de l’armée rwandaise, à plus de 400 km de Kisangani. L’attaque n’a pas été revendiquée à ce stade, mais les autorités locales accusent l’AFC/M23 et Kigali d’en être à l’origine.
La RDC est en proie depuis 2021 à la résurgence des rebelles de l’AFC/M23, soutenu par Kigali et son armée. L’AFC/M23 s’est emparé de Goma en janvier 2025 et de Bukavu en février de la même année. Début décembre, le groupe armé a mené une nouvelle offensive sur la ville d’Uvira, frontalière du Burundi, alors même que la RDC et le Rwanda entérinaient un accord de paix sous l’égide de Washington.
À Kisangani, des détonations ont résonné jusqu’à 2 heures du matin dimanche aux abords de l’aéroport, provoquant la fuite de certains habitants, selon des témoins sur place. « Je n’ai pas supporté les détonations pendant la nuit », a déclaré une habitante, partie vers le centre de la ville situé à une vingtaine de kilomètres de là.
« La situation est sous contrôle » et « les populations vivant aux alentours de l’aéroport sont invitées à regagner leurs domiciles », a assuré le gouvernement provincial lundi.
(Avec AFP)
