L’activiste « panafricaniste » est venue remercier le général Tiani pour sa nomination en tant que conseillère spéciale du président nigérien, non sans alimenter le discours officiel sur les circonstances de la récente attaque de l’aéroport de Niamey.
Dans sa guerre de communication néosouverainiste, le Niger a son amazone internationale. Après l’inquiétante attaque de l’aéroport de la capitale, le 28 janvier dernier, il convenait de déployer une stratégie informationnelle susceptible de nuancer les dégâts infligés par les jihadistes de l’EIGS dans la base aérienne 101 et d’expliquer l’ampleur de l’attaque par la dénonciation d’un supposé « complot » ourdi par de grandes puissances militaro-économico-politiques. Baptisée « chevalière de Niamey » par l’Agence nigérienne de presse (ANP), Nathalie Yamb est de la partie…
L’Helvético-Camerounaise autoproclamée « défenseure de la souveraineté africaine » et « résolument engagée pour une Afrique affranchie des tutelles » a été nommée conseillère spéciale du président de la République nigérienne il y a plusieurs mois. Sa montée en grade dans le dispositif du chef de la junte s’est poursuivie dans l’après-midi de ce 4 février par une audience, à Niamey, accordée par « Son Excellence le général d’armée Abdourahamane Tiani » à « l’activiste panafricaniste ». Une rencontre plutôt solennelle, puisqu’elle s’est déroulée « en présence des membres du Conseil national pour la sauvegarde de la patrie (CNSP) ».
Remerciements et éléments de langage
Le premier objet de la séance était l’expression de la gratitude de la conseillère spéciale « au chef de l’État nigérien, au CNSP, au gouvernement, à la société civile et au peuple » pour « l’honneur qui lui a été fait » en la nommant et en lui délivrant un passeport diplomatique.
L’influenceuse en a profité pour évoquer l’agression de l’aéroport. Cohérente avec le discours officiel des autorités de la refondation, elle a d’abord présenté l’événement comme une « prouesse » opérationnelle des Forces de défense et de sécurité (FDS), qui sont parvenues à repousser les assaillants. Embouchant la trompette de l’extrapolation idéologique, elle a avalisé la thèse selon laquelle ces derniers seraient moins jihadistes nigériens de l’État islamique – qui ont revendiqué l’attaque – que « mercenaires à la solde de l’impérialisme » en quête d’« infiltration » de l’aéroport international.
Honneurs réciproques
À Niamey, Nathalie Yamb s’est présentée comme « une soldate, une combattante de la révolution et de la refondation qui est au front ». Elle était accompagnée d’Abdourahamane Oumarou, « dit Abder », président de l’antenne locale de l’ONG Urgences panafricanistes, de l’autre activiste star, Kemi Seba, également conseiller d’Abdourahamane Tiani.
Si « l’honneur » déployé par le Niger à l’égard de Nathalie Yamb l’a officiellement « touchée énormément », celle-ci ne semble pas promouvoir en priorité ce pays dans la kyrielle de ses partenaires. Jusqu’à présent, sur sa page du réseau X, l’activiste a « épinglé » – et donc mis en avant de façon permanente – sa visite en… Russie, lors du Forum économique de Sotchi, qui s’est tenu en 2024.
