Sous impulsion américaine, le Maroc et le Front Polisario doivent engager dimanche à Madrid de nouvelles discussions sur l’avenir du Sahara occidental, informe le journal espagnol El Confidencial. Ces négociations confidentielles, organisées au siège de l’ambassade des États-Unis, réuniront également l’Algérie et la Mauritanie, sous la conduite de représentants de l’administration Trump, avec la participation de l’envoyé spécial de l’ONU, Staffan de Mistura.
Rabat arrive à la table des pourparlers avec une carte nouvelle : une version largement étoffée de son plan d’autonomie d’une quarantaine de pages. Élaborée par plusieurs conseillers royaux et ministres clés, cette nouvelle mouture vise à donner davantage de consistance institutionnelle à l’autonomie proposée pour les provinces du Sud.
Washington pousse les discussions à s’inscrire dans le cadre de la résolution 2797 du Conseil de sécurité, qui a inscrit la primauté de l’initiative marocaine comme base «sérieuse et crédible» pour une solution politique durable. Si Alger et le Polisario continuent officiellement de défendre le principe d’autodétermination, la diplomatie américaine, désormais aux commandes, entend accélérer un règlement du dossier, érigé en «priorité absolue».
Pour le Maroc, l’enjeu est double : consolider l’adhésion internationale à son plan d’autonomie et réduire le rôle de la MINURSO, dont le mandat arrive à échéance à l’automne. Déjà fragilisée par des restrictions budgétaires, la mission onusienne n’est plus en mesure d’organiser le référendum prévu en 1991, devenu politiquement caduc.
Ces discussions s’inscrivent dans un contexte favorable au Royaume, marqué par le soutien explicite de l’Union européenne à son initiative, ainsi que par la reconnaissance de sa souveraineté sur le Sahara par les États-Unis et la France. Madrid, choisi pour des raisons pratiques par Washington, n’a cependant pas été associé à la préparation des pourparlers.
