Répression et Violences : Le Mouvement des Élèves et Étudiants Républicains dénoncent les abus à l’UCAD
Le Mouvement des Élèves et Étudiants Républicains (MEER National) a publié un communiqué de presse dénonçant fermement la répression violente subie par les étudiants à l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar (UCAD) le lundi 9 février 2026. Selon le mouvement, l’attaque a été orchestrée par les plus hautes autorités du pays et a visé les étudiants alors même que ces derniers avaient décidé d’organiser une journée sans activités syndicales, en respectant un calme strictement pédagogique.
Le communiqué met en lumière des violations des droits des étudiants, notamment le non-paiement des rappels de bourses et les réformes jugées antisociales par les étudiants. Ces derniers affirment avoir été intimidés et maltraités pendant trois jours. Le mouvement rapporte des actes de violence, notamment des gazages et des frappes sur les étudiants, dont certains étaient affamés.
Le communiqué dénonce ensuite l’ordre donné par le régime actuel pour une « opération spéciale de destruction massive », menée par des agents du BIP (Brigade d’Intervention Paramilitaire). Ceux-ci auraient attaqué les chambres et les fenêtres des étudiants, insulté et menacé les occupants, cassé leurs biens, et frappé certains à sang. L’un des incidents les plus tragiques fut la mort de l’étudiant Abdoulaye Ba, qui, selon l’autopsie, est décédé suite aux violences policières. Par la suite, les étudiants ont été gardés à vue dans des conditions jugées illégales et inhumaines.
Le MEER exprime sa solidarité envers les victimes, en particulier Samba Sy, le coordinateur du mouvement, qui a été torturé lors de cet assaut, et aux centaines d’étudiants, dont 107 ont été emprisonnés après avoir été pris dans la répression.
Dans son communiqué, le mouvement condamne également la détention de trois membres du collectif et exige leur libération immédiate, soulignant que les étudiants doivent pouvoir lutter pacifiquement pour leurs droits, conformément à la volonté populaire. La suspension des amicales étudiantes et l’incertitude qui entoure l’ouverture du campus sont également dénoncées, alors que le MEER exige un retour à la normale afin de garantir la continuité des activités pédagogiques.
Le communiqué se clôt sur un appel à la mobilisation des étudiants pour la défense de leurs droits, en réaffirmant leur engagement envers un combat démocratique et pacifique face à l’injustice d’État.
L’Université Cheikh Anta Diop, un des plus grands établissements d’enseignement supérieur du pays, est régulièrement le théâtre de tensions entre les étudiants et les autorités, notamment à propos des conditions de vie sur le campus et des politiques éducatives mises en place par le gouvernement. Le MEER, qui représente une large frange de l’étudianté sénégalaise, se positionne comme un acteur central de la contestation.
Les récents événements survenus à l’UCAD ont ravivé les débats sur la répression des mouvements étudiants dans le pays, alors que de nombreuses voix s’élèvent contre l’intolérance croissante face aux revendications sociales et politiques des jeunes.
