Des organisations panafricaines dénoncent un projet de « Haute Cour africaine » et appellent à la vigilance
Dans un communiqué conjoint rendu public mardi, plusieurs organisations et mouvements panafricains d’Afrique et de la diaspora ont exprimé une opposition ferme à une initiative visant à organiser, depuis le Sénégal, une conférence sur la création d’une prétendue « Haute Cour africaine des libertés, de la démocratie et des élections ».
les signataires figurent notamment :Planète des Jeunes Panafricanistes (PJP),Organisation Mondiale Panafricaniste (OPAM),Organisation Panafricaine des Amériques,Mouvement Patriotique Panafricain,Mouvement de Révolution Multipolaire, Mouvement Diaspora AES Mondial ,Mouvement des Étudiants Panafricains , le Bloc Panafricaniste et le Nouvel Ordre Africain. Pour ces signataires cette démarche, portée par l’avocat franco-comorien Saïd Larifou, constituerait une tentative d’ingérence politico-juridique dans les affaires intérieures d’États africains. » la création d’une juridiction continentale en dehors des mécanismes institutionnels reconnus établirait « un précédent dangereux et traduirait un manque de respect envers les institutions africaines établies », regrettent les organisations signataires.
Elles rappellent que les États membres de l’Union africaine disposent déjà de cadres juridiques continentaux et sous-régionaux compétents pour traiter des questions relatives aux droits humains, aux processus électoraux et à la gouvernance.

Les signataires soulignent que les juridictions nationales et régionales africaines comptent des magistrats et juristes qualifiés, pleinement capables d’interpréter et d’appliquer le droit, conformément à l’Acte constitutif de l’organisation continentale.
Appel direct aux autorités sénégalaises
Le communiqué interpelle explicitement le président du Sénégal, Bassirou Diomaye Faye, ainsi que le Premier ministre Ousmane Sonko.Les organisations leur demandent de veiller à ce que le territoire sénégalais ne puisse être « instrumentalisé comme base d’ingérence » dans les affaires intérieures d’États africains, notamment ceux de l’Alliance des États du Sahel.
Les signataires rappellent que le Sénégal, historiquement associé aux idéaux panafricains et au dialogue continental, ne saurait devenir, selon eux, une « plateforme de manœuvres politico-juridiques » contestant des processus relevant de la souveraineté nationale d’États indépendants.
Par consrquent les signataires annoncent prendre officiellement leurs distances vis-à-vis de l’initiative annoncée. Ils mettent en garde contre toute manipulation de l’opinion publique africaine sous couvert de défense des libertés ;toute tentative de déstabilisation d’États souverains ;toute instrumentalisation du Sénégal comme plateforme d’ingérence ;toute action susceptible d’affaiblir l’unité panafricaine.
Ils rappellent que les oppositions politiques doivent s’exprimer dans les cadres constitutionnels nationaux et que ni des lobbys ni des structures auto-proclamées ne peuvent, selon eux, arbitrer les dynamiques internes d’États souverains.
