La présentation détaillée du plan d’autonomie par Rabat lors des échanges tenus à Madrid marque une séquence nouvelle, écrit le quotidien britannique The Times. Le dossier s’impose désormais parmi les priorités suivies par l’administration de Donald Trump, qui y voit un enjeu majeur de stabilité régionale.
La proposition marocaine d’autonomie revient au centre du jeu diplomatique. Dans une analyse publiée ce week-end, le quotidien britannique The Times estime que la présentation détaillée faite récemment à Madrid devant les autres parties au conflit marque une évolution en phase avec les nouvelles priorités américaines dans la région.
Selon le journal, la tenue de discussions directes dans la capitale espagnole a donné l’occasion à Rabat de préciser l’architecture institutionnelle qu’il entend mettre sur la table, à un moment où Donald Trump a replacé le dossier parmi les sujets suivis de près par ses émissaires. Washington verrait dans un règlement du différend un levier central pour la stabilité du Maghreb, en particulier pour favoriser une détente entre le Maroc et l’Algérie, dont la frontière terrestre reste fermée depuis 1994.
Le quotidien souligne que la mouture actuellement présentée par le Royaume va plus loin que l’initiative dévoilée en 2007. Il serait question d’un territoire doté d’organes exécutifs, législatifs et judiciaires propres, avec des compétences larges dans la gestion quotidienne. Les domaines régaliens ( défense, diplomatie, monnaie, nationalité ou symboles de l’État ) demeureraient toutefois du ressort exclusif du pouvoir central.
Toujours d’après le journal, le Souverain conserverait un rôle déterminant dans la nomination du chef de l’Exécutif régional et dans la supervision des forces de sécurité. Rabat garderait également la main sur certains investissements stratégiques et sur des projets liés aux ressources naturelles. Les autorités marocaines présentent en fait un dispositif inscrit dans la continuité constitutionnelle du Royaume.
S’agissant de la la question du référendum, les sources citées par le journal indiquent que celui-ci pourrait prendre une dimension nationale, impliquant l’ensemble des citoyens plutôt que les seuls habitants du Sahara.
Pour Riccardo Fabiani, responsable du programme Afrique du Nord à l’International Crisis Group, cité par le journal, l’initiative représente une avancée attendue depuis longtemps par de nombreux acteurs internationaux.
