Grâce à une demande historique des investisseurs, la Côte d’Ivoire a réussi à lever 1,3 milliard de dollars sur les marchés internationaux à un taux record de 5,39 %, le plus bas d’Afrique subsaharienne depuis cinq ans.
La Côte d’Ivoire confirme son statut d’émetteur de référence en Afrique subsaharienne. Le 18 février, le pays a réalisé une nouvelle émission obligataire sur les marchés internationaux, levant 1,3 milliard de dollars pour une maturité de 15 ans. L’opération a suscité un appétit notable des investisseurs internationaux. Elle a été sursouscrite cinq fois, avec un livre d’ordres ayant atteint un pic à 6,3 milliards de dollars, portée par la participation de près de 270 investisseurs.
Aux portes du statut investment grade
« Cette opération acte le passage de la Côte d’Ivoire dans une catégorie de crédit supérieure, reflétant les dernières améliorations de la notation souveraine, à présent aux portes du statut investment grade« , s’est félicité le ministère de l’Économie, des Finances et du Budget dans un communiqué. En effet, le 12 décembre, Fitch Ratings a relevé la note souveraine de la Côte d’Ivoire de BB- à BB.
Le 18 février, les investisseurs ont aussi récompensé l’amélioration continue des fondamentaux macroéconomiques du pays : la croissance du PIB réel a atteint 6,5 % en 2025 et devrait s’établir à 6,7 % en 2026 et le déficit public a été ramené à 3 % du PIB l’année dernière.
Dialogue constant avec les investisseurs
Comme le Bénin qui a réussi, le mois dernier, à lever 500 millions de dollars via l’émission de sukuk avec un coupon compétitif de 4,92 % en euros et 350 millions de dollars en eurobond avec un coupon de 6,19 % en euros, la Côte d’Ivoire a mis en place une stratégie proactive de la gestion de sa dette. Les deux pays maintiennent un dialogue constant avec leurs investisseurs historiques et se sont ouverts à de nouvelles zones géographiques, notamment en Asie et au Moyen-Orient.
Les fonds levés seront exclusivement affectés au financement du Budget 2026. La loi de Finances adoptée en fin d’année dernière propose un budget en hausse de 13,1 % par rapport à celui de 2025. Elle prévoit des dépenses de 17 350 milliards de F CFA soit environ 26,5 milliards d’euros. Ce budget correspond au début de la mise en œuvre du Plan national de développement 2026-2030, dont l’objectif est d’augmenter le revenu moyen par habitant à 4 000 dollars contre 2 700 en 2024. Le plan vise également une réduction importante du taux de pauvreté nationale, en le ramenant à moins de 20 % d’ici à 2030.
