L’ouvrage «Vers l’abolition de la peine de mort en République démocratique du Congo », de Liévin Ngondji, avocat au barreau de Kinshasa-Gombe, a été porté sur les fonts baptismaux mardi, lors d’une cérémonie dans la commune de Ngaliema, dans l’Ouest de la capitale congolaise.
«La vérité n’a pas besoin d’un ami. Elle est la même ici, en Europe et ailleurs. La vie humaine est sacrée. Contentons-nous de ce que nous pouvons gérer. Puisque nous ne pouvons pas savoir d’où vient la vie, puisque nous ne pouvons pas savoir comment la réparer, abolissons la peine de mort. En l’abolissant, nous ne perdons rien. En abolissant, nous ne portons pas atteinte à qui que ce soit. En abolissant, nous ne voulons pas changer de régime, mais nous voulons simplement protéger la vie des démunis et des civils qui ont le pouvoir, ainsi que des riches et des pauvres», a déclaré Me Ngondji, auteur du livre.
Par ailleurs, l’auteur a plaidé pour l’abolition de la peine de mort en RDC, estimant que le contexte actuel ne permet pas au pays d’appliquer cette mesure.
«Le chemin n’est pas difficile. Le premier élément, c’est d’arrêter cette note circulaire du ministre de la Justice qui suspend le moratoire et qui appelle à l’exécution des condamnés à mort. Ça n’a aucun sens. Deuxième étape, c’est décider de l’abolition de la peine de mort. Pourquoi ? Parce que nous n’avons pas de moyens d’avoir une justice juste qui ne puisse pas se tromper aussi bien dans les enquêtes que dans les jugements. Il ne faut pas que nous puissions avoir une justice démesurée», a-t-il plaidé.
De son côté, le journaliste Willy Kalengay a salué le combat de l’auteur, qu’il considère comme militant pour les droits humains en général, et plus particulièrement pour l’abolition de la peine capitale.
«Maître Liévin Ngondji est de ceux qui croient que le droit n’est pas seulement un instrument de sanction, mais un outil d’élévation morale de la société. Son combat pour l’abolition de la peine de mort n’est pas un combat contre la justice, mais un combat pour une justice plus grande, plus responsable, plus humaine. Ce livre est un appel. Un appel à réfléchir, à douter parfois, à dépasser nos réflexes punitifs pour interroger ce que nous voulons vraiment transmettre comme valeurs à nos générations futures», a témoigné le journaliste.
Cet ouvrage de 140 pages, préfacé par Paul Albert Iweins et le professeur Raphaël Nyabirungu, a été publié aux éditions universitaires européennes. Il met à la disposition du lecteur un ensemble d’informations pour l’inspirer et le mobiliser sur la justesse de ce combat pour le droit à la vie, noyau dur des droits humains.
L’ouvrage a mis l’accent sur les difficultés qui jonchent la marche vers l’abolition de la peine de mort et a appelé à la persévérance avant que les effets du travail abattu ne déteignent sur l’opinion, sur le droit et sur les acteurs politiques qui ont tendance à utiliser la peine de mort contre les accusés vulnérables dont les opposants politiques.
