La mère et la sœur de l’ancien ministre, qui vit actuellement en exil, avaient été enlevées le 3 mars par des hommes en treillis.
Âgée de 84 ans, Hadja Asmaou Diallo, mère de Tibou Kamara, et la sœur de celui-ci avaient été emmenées « de force » le 3 mars par des « hommes vêtus de treillis », avaient indiqué des proches au lendemain de leur enlèvement.
« Elles sont encore sous le choc »
« Elles sont encore sous le choc, a-t-il ajouté, précisant n’avoir pu encore leur parler directement. Elles ont indiqué que tout le temps de leur détention elles étaient encagoulées, donc elles ne savaient pas où elles étaient détenues. »
Une troisième femme de la famille de Tibou Kamara, initialement déclarée enlevée en même temps que sa mère et sa sœur, s’était en réalité cachée, a indiqué à l’AFP un proche qui a confirmé que les deux captives libérées étaient arrivées chez elles lundi en début d’après-midi.
Ancien conseiller personnel du président Alpha Condé, renversé en 2021 lors du coup d’État ayant porté Mamadi Doumbouya au pouvoir, Tibou Kamara est un critique des autorités actuelles et vit en exil en raison de la répression des voix d’opposition en Guinée.
Les autorités guinéennes avaient demandé l’ouverture d’une enquête après l’enlèvement des deux femmes, mais les investigations sur ce type de cas en Guinée aboutissent rarement. L’ONU avait estimé « profondément alarmante » cette nouvelle « disparition forcée apparente » en Guinée.
Ce n’est pas la première fois que des proches d’opposants en exil sont enlevés : en novembre, quatre proches du chanteur guinéen et critique du pouvoir Elie Kamano, dont ses enfants âgés de 14 et 16 ans, ont été enlevés par des « personnes encagoulées » et n’ont pas été retrouvés depuis. En octobre, le père de Mamoudou Babila Keïta, journaliste en exil, a été enlevé « par des inconnus » et son sort reste un mystère.
Depuis la prise de pouvoir du général Doumbouya, plusieurs partis politiques ont été dissous, les manifestations – interdites depuis 2022 – sont réprimées et de nombreux dirigeants de l’opposition et de la société civile ont été arrêtés, condamnés ou poussés à l’exil.
(Avec AFP)
