Le Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (Jnim) a tué en quelques semaines des dizaines de civils dans trois attaques distinctes dans le Nord-Est. Des « atrocités » commises à l’encontre de communautés soupçonnées de soutenir l’armée, dénoncées par l’ONG Human Rights Watch (HRW).
Depuis la fin janvier, les combattants du Jnim livrent des offensives d’envergure dans le nord et l’est du Burkina Faso. Ils ont « tué au moins 38 civils, enlevé neuf femmes et incendié des biens lors de trois incidents distincts dans le nord-est du Burkina Faso depuis fin janvier », rapporte HRW dans un communiqué publié ce jeudi 12 mars.
HRW dit avoir interviewé à distance vingt personnes, dont dix témoins des trois attaques, des journalistes, des membres de la société civile et des villageois afin de documenter ces « atrocités » qui « constituent des crimes de guerre. »
Des victimes ciblées pour leurs liens supposés avec les VDP
Selon l’organisation, « les attaques semblent avoir visé des communautés perçues comme soutenant ou ayant des liens » avec les supplétifs civils de l’armée burkinabè, les Volontaires pour la défense de la patrie (VDP).
Le 29 janvier, des combattants du Jnim ont enlevé neuf femmes âgées de 29 à 51 ans près du village de Sollé (Nord), et les ont menacées de viol et de mort, avant de les relâcher le lendemain, rapporte HRW. Les jihadistes les soupçonnaient d’être des « épouses de VDP » venues les « espionner », a déclaré une femme à l’ONG.
Une brutalité « implacable »
Le 22 février, des combattants du Jnim ont aussi « exécuté quatre commerçants et incendié leurs boutiques après avoir attaqué un poste de gendarmerie dans la ville de Manni (Est) ». « La brutalité du Jnim contre les civils au Burkina Faso a été implacable », déclare Ilaria Allegrozzi, chercheuse spécialiste du Sahel pour HRW.
Le Burkina Faso, dirigé par la junte militaire d’Ibrahim Traoré depuis septembre 2022, est pris dans une spirale de violences qui a fait, depuis 2015, des dizaines de milliers de morts civils et militaires, dont plus de la moitié ces trois dernières années, selon l’ONG Acled qui recense les victimes de conflits dans le monde.
(Avec AFP)
