« Un groupe important de bandits lourdement armés, comptant plusieurs centaines d’individus » a attaqué vendredi plusieurs localités de la zone de Kanam, dans l’État du Plateau.
Une attaque menée par des hommes armés a fait 20 morts dans l’État du Plateau, dans le centre du Nigeria, une région minée par l’insécurité liée aux gangs criminels.
L’État du Plateau est confronté à diverses menaces sécuritaires : affrontements entre communautés agricoles et pastorales mais aussi gangs criminels, localement appelés « bandits », qui tuent, kidnappent, pillent et terrorisent la population.
État d’urgence
La dégradation de la situation sécuritaire dans la moitié nord du Nigeria ces derniers mois a poussé le président Bola Tinubu à déclarer l’état d’urgence. Ces troubles ont également provoqué une intervention des États-Unis qui ont mené des frappes aériennes le jour de Noël sur des campements présumés de criminels et de jihadistes dans le Nord-Ouest.
L’Association pour le développement de Kanam (Kada), qui défend les intérêts des populations locales, a expliqué que l’attaque a eu lieu vendredi vers 14 heures locales à Wanka et dans des villages voisins, dans la zone de gouvernement local de Kanam.
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Une équipe de sécurité composée de militaires et de miliciens locaux à bord de deux véhicules « ont été pris en embuscade » par « un groupe important de bandits lourdement armés, comptant plusieurs centaines d’individus », a expliqué Shehu Kanam, secrétaire de l’association, dans un communiqué diffusé samedi.
« Environ 12 membres des forces de sécurité, dont deux officiers supérieurs, ont été tués. De plus, huit membres des milices […] ont également perdu la vie », a ajouté Shehu Kanam. Selon l’association, les criminels ont ensuite « pris d’assaut la communauté de Kyaramt, où ils ont emporté des biens, dont un grand nombre de têtes de bétail ».
Cette attaque n’est « pas un cas isolé »
Un porte-parole de l’armée, le capitaine Chinonso Polycarp Oteh, a confirmé l’attaque ainsi que la mort de soldats sans toutefois préciser leur nombre. Selon lui, lors de l’affrontement, les forces de sécurité ont « infligé de lourdes pertes » aux criminels, notamment « en touchant leurs moyens logistiques et en détruisant la plupart des enclaves terroristes identifiées ».
L’association a affirmé que cette attaque n’était « pas un cas isolé », ces localités étant situées sur les zones frontalières entre les États du Plateau, de Taraba et de Bauchi, « victimes d’attaques répétées, de vols de bétail, d’enlèvements et de destructions de biens » depuis « trois ou quatre ans ». C’est sur une base militaire située à Bauchi que sont arrivés en février les quelque 200 soldats américains venus pour former l’armée nigériane dans sa lutte contre les groupes jihadistes.
(Avec AFP)
