Des officiers supérieurs figurent parmi les personnes mises en cause, « dont un général qui s’est déjà manifesté publiquement et a affiché son intention de participer à un coup d’État », a annoncé la procureure en charge du dossier.
Le parquet de Madagascar a annoncé le 2 avril que treize personnes, dont un général, faisaient l’objet de poursuites pour leur implication présumée dans un complot visant à assassiner le chef de l’État par intérim, le colonel Michaël Randrianirina.
La procureure Narindra Navalona Rakotoniaina a déclaré que onze suspects avaient été placés en détention et que des mandats d’arrêt avaient été émis contre les autres. « Il convient de souligner que des officiers supérieurs figurent parmi les personnes impliquées dans cette affaire, dont un général qui s’est déjà manifesté publiquement et a affiché son intention de participer à un coup d’État », a-t-elle dit.
D’importantes sommes d’argent au domicile des suspects
Narindra Navalona Rakotoniaina n’a pas donné le nom du général mais a souligné que le colonel Patrick Rakotomamonjy figurait parmi ceux qui avaient conçu et organisé l’opération. Ce dernier occupait un poste de direction à la présidence jusqu’à son licenciement en janvier.
Les enquêteurs ont découvert des messages échangés par WhatsApp entre les suspects et certains ont admis que des fonds présents sur leurs comptes avaient servi à financer le complot, a précisé la procureure. Des perquisitions ont également permis de découvrir d’importantes sommes d’argent et des armes au domicile des suspects.
La Gen Z exclue
Ce complot présumé s’inscrit dans un contexte de bouleversements politiques, après que les manifestations organisées par la jeunesse contre les pénuries d’eau et d’électricité ont contraint l’ancien président Rajoelina à fuir son pays avec l’aide de la France. Michaël Randrianirina s’était alors emparé du pouvoir.
Le chef de l’État par intérim, dont l’unité militaire a soutenu les manifestants, s’est engagé à convoquer des élections pour d’ici à fin 2027. En mars, il a annoncé la formation d’un nouveau gouvernement, toujours sans y inclure de représentants du mouvement de jeunesse Gen Z qui avait contribué à renverser son prédécesseur.
(Avec AFP)
