Nouveau bras de fer en vue au sommet de l’État. Forts de leur majorité écrasante de 130 députés sur 165, les parlementaires de Pastef veulent réécrire les articles L29 et L30 du Code électoral. Objectif affiché : empêcher qu’un président puisse « exclure un candidat » et sécuriser l’avenir politique d’Ousmane Sonko pour 2029. Une initiative qui place Bassirou Diomaye Faye face à un dilemme institutionnel.
Les articles L29 et L30 du Code électoral encadrent les cas d’incapacité et d’inéligibilité. Ce sont ces dispositions qui avaient rendu Ousmane Sonko inéligible à la présidentielle de 2024. Pour Pastef, elles ont servi « d’arme juridique » pour écarter un adversaire.
Le député Ismaïla Wone, porteur du texte, assure que la réforme vise à « réécrire ces articles de façon claire et intelligible, afin de supprimer toute marge d’interprétation abusive » et à garantir la liberté d’être électeur et éligible. Il précise que ce n’est « pas une loi de circonstance » pour Sonko, dont la candidature « ne souffre d’aucune contestation ».
Le texte est déposé sur le bureau de l’Assemblée. Avec 130 députés, son adoption ne fait aucun doute. Le match se jouera ensuite au Palais. Diomaye Faye devra choisir entre loyauté partisane et préservation des pouvoirs présidentiels. BUn nouveau bras de fer exécutif-législatif s’ouvre, cette fois à l’intérieur même du pouvoir.
