Un an après l’obtention de nouveaux permis, TotalEnergies annonce une découverte d’hydrocarbures au large de la République du Congo. Une trouvaille stratégique, qui conforte son modèle de développement à coûts maîtrisés et sa position face à une concurrence accrue des majors sur le continent.
Un an après avoir sécurisé de nouvelles licences d’exploration offshore au Congo, TotalEnergies annonce une nouvelle découverte d’hydrocarbures sur le permis Moho, au cœur de son principal hub dans le pays. Le puits exploratoire, foré sur la structure Moho G, a révélé une colonne d’environ 160 mètres d’huile et de gaz dans des réservoirs de bonne qualité, selon le groupe.
Cette découverte intervient dans un calendrier particulièrement resserré, signe d’une stratégie d’exploration ciblée dans une zone où TotalEnergies est implanté de longue date.
Associée à une précédente trouvaille sur la structure voisine Moho F, elle représenterait près de 100 millions de barils de ressources récupérables, un volume significatif dans un contexte de raréfaction des réserves facilement exploitables.
Développement à coûts réduits
L’intérêt du projet tient surtout à son modèle de développement : les nouveaux gisements devraient être raccordés (« tie-back ») aux installations déjà en place, notamment les deux unités flottantes Alima et Likouf, qui produisent actuellement autour de 90 000 barils équivalent pétrole par jour. Une approche qui permet de réduire les coûts et d’accélérer la mise en production, dans un secteur où les majors privilégient désormais les projets à cycle court.
Au-delà de l’annonce technique, cette découverte confirme le rôle central du Congo dans le portefeuille africain de TotalEnergies. Le groupe y a progressivement renforcé sa position sur le champ de Moho, devenu l’un de ses actifs offshore les plus rentables, tout en misant sur des extensions à proximité plutôt que sur des projets greenfield plus risqués.
Concurrence accrue
Elle illustre également un mouvement plus large de retour des majors vers l’Afrique de l’Ouest et l’Afrique centrale, dans un contexte de tensions sur les approvisionnements et de déclin de certains bassins historiques.
Comme l’ont montré les stratégies récentes d’ENI ou de TotalEnergies sur le continent, la compétition se joue désormais sur la capacité à identifier et à développer rapidement des ressources adossées à des infrastructures existantes, plutôt sur que des grands projets d’exploration risqués.
Reste que ces développements s’inscrivent dans un environnement africain de plus en plus exigeant. Entre pressions des États pour davantage de retombées locales et concurrence accrue pour l’accès aux ressources, les groupes internationaux doivent composer avec des équilibres plus complexes. Au Congo, où la Société nationale des pétroles (SNPC) est partenaire du projet aux côtés de TotalEnergies et de Trident Energy, la valorisation future de ces découvertes dépendra autant des choix industriels que du cadre politique et fiscal.
