Pendant plusieurs semaines, il a été présenté comme le « génie de Tambacounda ». Aujourd’hui, Mamadou Sow, 57 ans, maçon de métier, prend la parole après la tempête médiatique. Accusé d’avoir monté une « supercherie », il dit avoir été mal compris.
Début avril, plusieurs médias et agences relaient l’exploit : à Tambacounda, un maçon autodidacte, père de 7 enfants, aurait conçu un hélicoptère artisanal. Les chiffres font rêver : 200 km/h, 40 mètres d’altitude, 2 heures d’autonomie, 200 km de rayon d’action, 70 litres de carburant. L’homme dit avoir investi plus de 2 millions FCFA et travaillé 4 ans, sans formation en aéronautique ni électromécanique. Les vidéos de l’engin décollant dans une cour de Gourel Diadié font le tour du pays.
L’Armée de l’Air est dépêchée pour expertiser l’appareil. Le verdict tombe : il s’agit d’une « mise en scène grotesque ». Les inspecteurs expliquent que l’engin est dépourvu de systèmes essentiels – hydraulique, commandes de vol – et « incapable de s’élever au-dessus du sol ». Selon eux, les vidéos de vol qui ont circulé seraient des montages intégrant un appareil réel fabriqué en Hongrie.
L’affaire prend une tournure nationale : des experts de Renault et de l’aviation internationale étaient prêts à venir à Dakar pour évaluer l’invention.
Face aux accusations de « supercherie » et d’avoir « berné les Sénégalais », Mamadou Sow sort de son silence : « Je n’ai jamais dit que mon hélicoptère allait remplacer les appareils de l’armée. Je suis maçon. J’ai voulu montrer qu’un Sénégalais, avec peu de moyens, peut rêver et essayer. Oui, l’engin roule, il décolle de quelques centimètres. Je n’ai pas les moyens pour finir. C’est un prototype. Si on m’aide, je peux l’améliorer. »
Il reconnaît que les vidéos ont été « arrangées » par un jeune du quartier pour « faire joli » sur TikTok, mais nie toute volonté d’escroquer. « Je n’ai demandé d’argent à personne. Les gens sont venus me filmer. Je n’ai pas menti sur mon métier : je suis maçon ».
