Depuis quelques semaines, la proposition de porter l’âge de la retraite des enseignants de 60 à 65 ans revient dans le débat public. Portée par plusieurs syndicats – UES, SADEF, SELS – et liée au dossier des « décisionnaires », la mesure suscite une vive inquiétude chez les associations de parents d’élèves. Elles y voient « une solution imposée d’en haut » qui oublie l’intérêt des enfants.
Le SADEF, le SELS et l’UES ont déposé des préavis de grève incluant cette revendication. Le secrétaire général du SELS, Amidou Diédhiou, en a fait « le nouveau combat » du syndicat. Pour eux, « notre pays doit s’adapter à l’évolution du monde » et passer à 65 ans comme dans l’enseignement supérieur, où le relèvement à 70 ans est même discuté.
Pourquoi les syndicats y tiennent
Trois arguments reviennent
Pension décente : Travailler 5 ans de plus permet d’augmenter le nombre d’annuités et donc la pension. Les syndicats dénoncent des retraites « qui ne permettent pas de vivre ».
– Lenteurs administratives : Beaucoup d’enseignants sont reclassés tardivement à cause des retards d’actes. Partir à 60 ans revient à liquider une carrière inachevée.
– Pénurie de personnel : Avec 481 départs prévus dans le supérieur d’ici 2025 et des classes surchargées dans le moyen-secondaire, garder les expérimentés 5 ans de plus réduirait la saignée.
Les parents craignent une baisse de dynamisme et plus d’absentéisme pour raisons de santé.
Avec un chômage des jeunes diplômés massif, reculer la retraite à 65 ans revient à « fermer la porte » aux milliers de titulaires de licence/master qui attendent d’entrer à la FASTEF. Le SADEF demande pourtant d’ouvrir les passerelles aux instituteurs diplômés.
Les parents rappellent que l’année scolaire 2025-2026 s’annonce tendue. Les « décisionnaires » annoncent des brassards rouges dès la rentrée pour exiger leur intégration. Ajouter le débat des 65 ans risque de « paralyser l’école ».
Le ministre du Travail, Samba Sy, a confirmé qu’une réforme est à l’étude pour « certains agents de l’État », sans citer nommément les enseignants. Le secrétaire général du SELS/Authentique, Abdou Faty, dénonce déjà un texte qui « touche à la loi 61-33 sur le statut général » et pourrait « engendrer des conflits ».
La question des 65 ans est indissociable du dossier des « décisionnaires ». Ces enseignants contractuels ne sont pas reversés au Fonds national de retraite (FNR) et touchent l’IPRES. Leur pension dépend donc du nombre d’années cotisées. D’où la demande : soit on les intègre comme fonctionnaires, soit on leur permet de travailler jusqu’à 65 ans pour compenser.
Le SADEF a déposé un préavis de grève couvrant l’année 2026 incluant les 65 ans. Le G7 a fait de l’allongement de l’âge une des revendications de sa mobilisation. Les parents d’élèves, eux, demandent un débat public et menacent de descendre dans la rue si la mesure passe « en force ».
