L’affaire qui secoue le Djoloff depuis le 18 avril 2026 connaît un rebondissement. Après le coup de filet initial ayant conduit à l’interpellation de 18 personnes, le commissariat urbain de Linguère a procédé à quatre nouvelles arrestations dans le dossier dit des « actes contre nature ». Parmi les mis en cause figure, selon nos informations, un cadre d’une entreprise de BTP bien connue dans la région.
De 18 à 22 interpellés : le réseau s’élargit
Le 18 avril, la police de Linguère démantelait un réseau impliquant 18 individus placés en garde à vue pour « actes contre nature, transmission volontaire du VIH, harcèlement sexuel et incitation à la débauche ». L’opération, déclenchée après une dénonciation anonyme au quartier Thiély Nord, avait permis de saisir le téléphone d’un suspect, I. Badji, et de remonter une filière active à Dahra, Barkedji, Dodji et Mbacké.
Les enquêteurs recherchaient alors *15 autres membres identifiés*, en fuite. Quatre d’entre eux viennent d’être appréhendés. Le bilan provisoire s’établit donc à *22 personnes interpellées*, dont deux enseignants, des commerçants, des tailleurs, des étudiants, des marabouts… et désormais un cadre du secteur du BTP.
Le profil qui interroge : un cadre du BTP
Sans dévoiler son identité pour respecter la présomption d’innocence, des sources proches de l’enquête confirment que l’un des quatre nouveaux arrêtés occupe un poste de responsabilité dans une entreprise de BTP « célèbre » dans la zone. L’information ravive le débat sur la diversité des profils socioprofessionnels concernés : la majorité des suspects sont des hommes mariés, parfois polygames, exerçant dans l’enseignement, le commerce, l’artisanat ou le secteur privé.
Pour rappel, les charges retenues sont lourdes. Trois des suspects interpellés en avril ont été testés positifs au VIH/Sida, d’où l’incrimination de « transmission volontaire du VIH ». Les enquêteurs évoquent des « rencontres et partouzes » organisées dans plusieurs localités du département.
Une enquête qui s’étend
Les 18 premiers mis en cause ont été déférés au parquet le lundi 21 avril. Les quatre nouveaux arrêtés devraient suivre la même procédure dans les prochains jours. La police de Linguère poursuit ses investigations pour localiser les *11 autres membres du réseau encore en fuite*, sur les 15 initialement identifiés.
L’affaire reste « sensible ». Les interpellations couvrent plusieurs zones : Linguère, Dahra, Barkedji, Dodji et Mbacké. Les perquisitions téléphoniques et les dénonciations continuent de guider les enquêteurs.
Rappel du cadre légal
Au Sénégal, l’article 319 du Code pénal réprime les « actes impudiques ou contre nature avec un individu de son sexe » de 1 à 5 ans de prison et d’une amende. Le débat sur la dépénalisation, régulièrement soulevé par des partenaires internationaux, se heurte à la position constante des autorités : « Chaque société doit apprécier selon son propre métabolisme », répète l’ancien président Macky Sall.
En mars 2026, l’Assemblée nationale a même durci la loi : la peine passe de 5 à 10 ans pour « actes contre nature », et la « promotion » de l’homosexualité devient un délit autonome.
Prudence sur les données de santé
Si les premiers rapports de police faisaient état de trois tests VIH positifs parmi les 18 premiers interpellés, les organisations de défense des droits humains rappellent que *les informations médicales relèvent de la vie privée* et n’ont « pas de lien direct avec les faits reprochés ». Les associations de lutte contre le VIH craignent un effet dissuasif sur le dépistage.
Le parquet de Louga devrait communiquer sur les suites judiciaires après défèrement. Les auditions se poursuivent au commissariat urbain de Linguère.
