Ce mercredi 22 avril 2026, l’ancienne Directrice générale de l’Agence de développement et d’encadrement des PME (Adepme), Marie Thérèse Diédhiou, est de nouveau face à la justice. En cause : une vidéo devenue virale où elle lance « Yeen Wolofs yi… » — « Vous les Wolofs… » — des propos jugés injurieux envers la communauté wolof et qui lui valent une comparution pour « injures envers les Wolofs ».
Les faits : une phrase, un tollé
Tout part d’une séquence diffusée sur les réseaux sociaux. Marie Thérèse Diédhiou, par ailleurs présidente de la Plateforme des Femmes pour la Paix en Casamance (PFPC), y tient des propos perçus comme une stigmatisation de l’ethnie wolof. La formule « Yeen Wolofs yi » a mis le feu aux poudres, dans un pays où la cohésion ethnique reste un sujet sensible.
Les plaignants dénoncent des « injures publiques » et une « incitation à la discrimination ». L’ex-DG de l’Adepme avait déjà été entendue dans cette affaire. Ce 22 avril, elle doit être fixée sur son sort : relaxe ou condamnation.
Ce que dit la loi
Au Sénégal, l’article 261 du Code pénal punit « quiconque, par des discours, cris ou menaces proférés dans des lieux ou réunions publics, aura porté atteinte à l’honneur ou à la considération des personnes ou des corps constitués ». Les injures à caractère ethnique sont particulièrement surveillées, le législateur craignant les dérapages communautaires.
Si elle est reconnue coupable, Marie Thérèse Diédhiou encourt une peine d’emprisonnement et une amende. La jurisprudence est fluctuante : entre relaxe pour « liberté d’expression » et condamnation pour « trouble à l’ordre public », les juges tranchent au cas par cas.
Un procès sous haute tension
L’audience intervient dans un climat où les questions identitaires sont scrutées. « Wolof, ce n’est pas une ethnie, c’est une langue », rappelait un chauffeur dakarois. Pourtant, dans le débat public, le mot « Wolof » désigne aussi le groupe majoritaire. D’où la sensibilité.
Pour ses soutiens, Marie Thérèse Diédhiou est victime d’un « procès d’intention » et d’une « interprétation malveillante » de propos sortis de leur contexte. Pour les plaignants, « on ne peut pas insulter impunément toute une communauté ».
Verdict attendu ce mercredi
Le tribunal correctionnel de Dakar doit dire si « Yeen Wolofs yi… » dépasse la critique et tombe sous le coup de l’injure publique à caractère ethnique. La décision sera scrutée : elle fixera la frontière entre liberté de ton et respect des communautés, dans un pays qui se veut « une seule ethnie : sénégalaise ».
Marie Thérèse Diédhiou, militante de la paix en Casamance, saura ce 22 avril si ses mots lui vaudront la paix judiciaire… ou une condamnation.
