Le dossier « Pape Cheikh Diallo » ne cesse de s’élargir. Après les 12 premières interpellations en février 2026, la Brigade de Recherches de Keur Massar a franchi la barre des 75 arrestations. Dernier nom en date : Souleymane Fatou Ndao, journaliste à la chaîne religieuse Malikia TV. Placé en garde à vue, il devient le 2e homme de média arrêté dans cette affaire tentaculaire.
L’arrestation : dénoncé par un « partenaire » de Djiby Dramé
Selon les informations exclusives de Seneweb, Souleymane Fatou Ndao a été interpellé par la Brigade de Recherches de Keur Massar sur délégation judiciaire du juge d’instruction du premier cabinet près le TGI de Pikine-Guédiawaye.
Son nom n’est pas sorti au hasard. Il a été directement mis en cause par l’un des six partenaires présumés du chanteur Djiby Dramé, arrêtés depuis lundi dernier. Après son audition, le journaliste a été placé en garde à vue « après avis du juge d’instruction ». Le procureur Saliou Dicko a été informé des faits.
Qui est Souleymane Fatou Ndao ?
Employé de Malikia TV, chaîne religieuse connue pour ses prêches et conférences islamiques, Souleymane Fatou Ndao est un visage familier des plateaux de débats religieux. Son arrestation crée la stupeur : dans l’affaire dite de Keur Massar, la plupart des mis en cause sont artistes, animateurs, banquiers, commerçants, agents administratifs. Lui est le deuxième journaliste après Pape Cheikh Diallo, animateur de la TFM.
Le mécanisme : comment l’enquête est passée de 12 à 75 interpellations
L’affaire démarre le 7 février 2026. La Brigade de Recherches de Keur Massar arrête Pape Cheikh Diallo, 44 ans, animateur de « Quartier Général » sur la TFM. Il aurait été dénoncé par le banquier Doudou Lamine Dieng, qui affirmait « vivre en couple » avec lui. Lors de son audition, Pape Cheikh Diallo reconnaît les faits.
L’exploitation des téléphones, des groupes WhatsApp et des aveux en cascade fait tomber les dominos : Djiby Dramé, Mamadou Gningue, Ibrahima Magib Seck, puis leurs « partenaires ». Chaque audition livre de nouveaux noms. Les enquêteurs parlent d’un « réseau structuré » de rencontres privées via applications.
Avec Souleymane Fatou Ndao, la barre des 75 interpellations est franchie. Tous sont poursuivis pour « association de malfaiteurs, actes contre nature, transmission volontaire du VIH par rapports sexuels non protégés et mise en danger de la vie d’autrui ».
Ce qu’on lui reproche
Pour l’instant, le contenu exact des accusations visant Souleymane Fatou Ndao n’a pas filtré. La gendarmerie se contente d’indiquer qu’il a été « mis en cause par l’un des six présumés partenaires du chanteur Djiby Dramé ». Dans ce dossier, les mises en cause reposent souvent sur trois éléments : aveux de co-prévenus, messages WhatsApp jugés « compromettants » et, parfois, résultats de tests VIH.
La procédure s’accélère « autour des soutiens et collaborateurs de l’artiste » Djiby Dramé. L’étau se resserre sur les cercles professionnels et amicaux des premières têtes d’affiche.
Une affaire aux ramifications sociales explosives
Sur les 12 premiers arrêtés, 7 seraient porteurs du VIH selon les tests ordonnés par le juge. L’enquête initiale visait un individu séropositif accusé d’avoir eu des rapports non protégés en connaissance de cause et d’avoir « sciemment contaminé une dizaine de personnes ».
Depuis, le dossier a pris une dimension médiatique et politique : animateur star de la TFM, chanteur connu, banquier, agent administratif, et maintenant journaliste d’une télé religieuse. Le parquet a fait appel des premières condamnations et réclame jusqu’à 2 ans ferme pour chaque accusé.
Présomption d’innocence et suite judiciaire
Comme tous les mis en cause, Souleymane Fatou Ndao bénéficie de la présomption d’innocence. Son dossier est désormais entre les mains du juge d’instruction du premier cabinet de Pikine-Guédiawaye. Le procureur Saliou Dicko suit l’évolution.
L’affaire Pape Cheikh Diallo, partie d’un « réseau de 12 », est devenue l’un des plus gros dossiers de mœurs au Sénégal avec 75 personnes arrêtées. Et la liste n’est peut-être pas close : la gendarmerie poursuit les auditions et les confrontations.
