Au Sénégal, la lutte contre la malnutrition demeure un défi majeur de santé publique, en particulier chez les enfants issus de milieux vulnérables. Les enfants talibés vivant dans les daaras figurent parmi les groupes les plus exposés, en raison de conditions de vie souvent précaires, d’un accès limité à une alimentation diversifiée saine et nutritive, et du fait que les daaras bénéficient de peu de services de nutrition.
« Dans les régions de Diourbel (Touba), Louga (Coki) et Thiès (Tivaouane), qui abritent d’importants foyers religieux accueillant un nombre élevé d’enfants en apprentissage coranique, la situation nutritionnelle des talibés demeure préoccupante », selon le Secrétaire exécutif du Conseil national de développement de la nutrition (CNDN) Dr Mbaye Sène. « Les dynamiques communautaires et organisationnelles peuvent affecter la disponibilité, la régularité et la qualité des repas, exposant ainsi les enfants à des risques nutritionnels accrus. Cette situation limite l’impact des interventions, dans la mesure où les connaissances et pratiques alimentaires adaptées aux besoins spécifiques des enfants ne sont pas toujours maîtrisées par les maîtres coraniques, les encadreurs et les enfants eux-mêmes », renseigne-t-il, hier, au cours d’une conférence de presse tenue à la Primature pour le lancement d’assistance alimentaire et nutritionnelle aux daaras et ménages vulnérables avec la Société africaine de raffinage (SAR).
