La spéculation sera traquée et sévèrement sanctionnée, avec une vigilance accrue. Gare aux spéculateurs !
Le président de la République, Abdelmadjid Tebboune, a réaffirmé avec fermeté l’intransigeance des pouvoirs publics face à toute pratique portant atteinte au pouvoir d’achat des citoyens et à la stabilité des marchés, en particulier sur les produits de large consommation. Le message du Président est clair : toute manipulation artificielle des prix, qu’elle concerne les produits alimentaires, les biens de première nécessité ou les opérations commerciales stratégiques, fera désormais l’objet d’une réponse ferme et systématique.
Lors de son entrevue périodique avec les représentants des médias nationaux, diffusée sur les chaînes de télévision et de radio publiques, le chef de l’État a rappelé que « la hausse des prix des produits agricoles s’explique par deux facteurs distincts.
Le premier, objectivement justifié, est lié aux fortes précipitations qui ont perturbé les récoltes et ralenti l’approvisionnement du marché. Le second, en revanche, est qualifié d’inacceptable : la spéculation, considérée comme un facteur artificiel de déséquilibre des prix », a averti le chef de l’État.
Dans ce cadre, le président de la République a particulièrement insisté sur les dérives qui pourraient toucher le marché des moutons de l’Aïd. Il a averti que l’État ne tolérera aucune atteinte aux moyens de subsistance des citoyens, affirmant sans détour que « quiconque spéculera sur les moutons de l’Aïd en paiera le prix fort ». Une déclaration ferme qui a largement circulé sur les réseaux sociaux, suscitant de nombreuses réactions.
La riposte des pouvoirs publics s’appuie sur un dispositif juridique déjà renforcé, sur décision du Président et ayant déjà érige la spéculation illicite en infraction grave, voire criminelle.
Le dispositif prévoit des sanctions particulièrement lourdes, avec des peines de prison allant de 3 à 10 ans ainsi que des amendes pouvant atteindre plusieurs millions de dinars dans les cas généraux. Les peines peuvent être portées à 20 voire 30 ans de réclusion criminelle lorsque la spéculation touche des produits de large consommation tels que les céréales, le lait, l’huile, le sucre, les carburants ou les produits pharmaceutiques, ou lorsqu’elle intervient en période de crise.
Dans les cas les plus graves, notamment en présence de réseaux de criminalité organisée, la sanction peut aller jusqu’à la réclusion à perpétuité. Ce durcissement traduit la volonté des autorités de transformer la spéculation en infraction criminelle à part entière, assimilée à une atteinte directe à la sécurité économique du pays.
La fermeté du cadre légal, combinée à un renforcement des contrôles sur le terrain, a déjà permis de réduire significativement certaines pratiques de rétention de marchandises et de manipulation des prix. Parallèlement au renforcement du volet répressif, les autorités ont mis en place une surveillance économique accrue visant à mieux encadrer les circuits de distribution et à détecter plus rapidement les comportements spéculatifs.
Ce dispositif repose sur un contrôle renforcé des stocks et des flux de produits de base, une meilleure traçabilité des opérations commerciales ainsi qu’une coordination renforcée entre les services du commerce, des finances et des forces de sécurité. L’objectif est de réduire les zones d’opacité dans les circuits de distribution, de limiter l’intervention des intermédiaires informels et de garantir une régulation plus rigoureuse des marchés sensibles, notamment ceux des produits subventionnés. La lutte contre les dérives économiques ne se limite pas au marché intérieur.
Le président de la République a également dénoncé certaines pratiques enregistrées dans les activités d’exportation, notamment la sous-facturation et les cas de non-rapatriement de devises. Selon les mises en garde du Président, « des montants estimés à environ 350 millions de dollars n’auraient pas été rapatriés, traduisant l’existence de pratiques préjudiciables à l’économie nationale. Nous nous sommes débarrassés de la ‘’issaba‘’ qui s’adonnait à la surfacturation pour nous retrouver face à une autre ‘’issaba‘’ qui se livre à la sous-facturation», a-t-il déploré.
Ces dérives sont considérées comme des atteintes directes à la stabilité financière du pays et font l’objet d’un renforcement des contrôles. Au-delà des mesures répressives, la stratégie de l’État vise à assainir l’ensemble des circuits économiques.
