
À l’occasion de la Journée mondiale de la liberté de la presse, célébrée chaque 3 mai, la section régionale de la Convention des Jeunes Reporters du Sénégal (CJRS) a dressé un constat préoccupant sur l’état de la presse au niveau national et local. Le Sénégal, autrefois classé 74ᵉ en 2025 par Reporters sans frontières, se retrouve désormais 118ᵉ. Une régression brutale qui illustre la fragilité du paysage médiatique national.
Fatou Dieng, journaliste et coordonnatrice de la CJRS/Ziguinchor, a rappelé que le Sénégal a perdu 44 places dans le classement mondial de Reporters sans frontières, passant de la 74ᵉ position en 2025 à la 118ᵉ en 2026. « Ce recul interpelle tout le monde. Il est difficile de parler de promotion de la paix quand la liberté de la presse est biaisée et que l’accès à l’information reste limité », a-t-elle souligné.
Les débats ont mis en lumière plusieurs défis majeurs, tels que : la précarité des jeunes reporters travaillant souvent sans contrat ni protection sociale ; l’accès restreint à l’information, compliquant l’exercice d’un journalisme crédible et éthique ; ainsi que les relations fragiles entre employeurs et employés, accentuant la vulnérabilité des correspondants régionaux.
Autour de panélistes comme les doyens Boubacar Diassy et Alioune Cissé, les participants ont insisté sur la nécessité de redynamiser les associations locales de presse afin de renforcer la solidarité professionnelle et donner une image plus décente au journalisme régional.
Le thème mondial de cette année, « Façonner un avenir de paix », a trouvé un écho particulier à Ziguinchor. Mais pour les jeunes reporters, la paix ne peut être promue sans une presse libre, protégée et valorisée. Fatou Dieng, coordonnatrice de la CJRS section Ziguinchor, sans mâcher ses mots, renseigne qu’on ne peut parler de paix quand la presse est muselée et que l’accès à l’information est un véritable parcours du combattant
