Des éléments de la brigade nationale des douanes ont accéléré de vastes investigations sur les activités de réseaux organisés spécialisés dans le « blanchiment » et la légalisation d’or de contrebande ou volé, à travers l’utilisation de factures et de déclarations falsifiées pour tromper les contrôleurs, ont révélé des sources bien informées.
Des renseignements reçus à ce sujet font état de l’exploitation, par des « barons » de l’or, de failles dans les procédures de contrôle ainsi que dans les registres d’approvisionnement en matières premières et en déchets industriels, afin de conférer une apparence légale à leurs opérations, ajoutent les mêmes sources.
Et de préciser que les contrôleurs de l’administration des douanes ont procédé à l’ouverture des registres du bureau douanier de garantie – chargé de recevoir les déclarations des commerçants et fabricants d’or – en vue de vérifier les transactions de négociants soupçonnés, après avoir obtenu des informations précises sur l’extension de leurs activités à des villes du centre et du nord du Royaume. Les investigations ont permis de relever des indices de suspicion quant à leurs liens étroits avec des réseaux de contrebande et de trafic international de drogue.
De même, est-il souligné, les opérations d’audit en cours se concentrent sur les transactions d’un commerçant d’or connu à Casablanca, propriétaire de plus de cinq boutiques dans des kissariats et marchés réputés, en plus de petits ateliers de fabrication. Celui-ci fait désormais l’objet d’une enquête approfondie après que les services de contrôle ont détecté des factures suspectes dans ses déclarations, qu’il aurait utilisées pour justifier des opérations d’approvisionnement en matières premières et des transactions d’achat et de vente, en s’appuyant sur des documents émanant de sociétés fictives.
Les investigations de la brigade nationale des douanes se sont également étendues à un second commerçant, en raison de contradictions relevées entre les stocks déclarés auprès des services douaniers et les quantités réellement produites d’or, ainsi que d’incohérences dans les données relatives aux déchets industriels issus des opérations de fabrication.
Les enquêtes ont conclu que le suspect exploitait des failles dans les mécanismes de contrôle sur le terrain pour intégrer des bijoux de contrebande et volés dans les déchets de fabrication, avant de les réenregistrer comme matières premières légales, en recourant à de fausses factures pour parachever cette manœuvre.
A noter que l’Administration des douanes et impôts indirects assure une surveillance stricte de l’industrie et du commerce de l’or, à travers le contrôle des opérations d’importation et d’exportation, ainsi que la vérification du respect des normes légales relatives au titrage et au poinçonnage de l’or. Parallèlement, les équipes de contrôle mènent des campagnes d’inspection sur le terrain dans les marchés pour lutter contre la fraude et la falsification, en coordination avec les autorités locales et le Bureau national du poinçonnage, tandis que la brigade nationale des douanes est chargée de traquer les réseaux de contrebande et de manipulation du métal précieux sur l’ensemble du territoire.
Selon les sources de Hespress, les investigations des contrôleurs se heurtent à des défis majeurs pour déceler les manipulations de documents et des registres de circulation des marchandises entre les points de production et de vente, en raison du haut niveau de professionnalisme des réseaux concernés dans la falsification des documents et la dissimulation des circuits de commercialisation.
Ces réseaux s’emploient en effet à tenter de légaliser l’ensemble des étapes de circulation de l’or suspect, depuis l’approvisionnement jusqu’à son écoulement sur les marchés. Les sources précisent qu’une partie des enquêtes en cours a été déclenchée par des renseignements émanant de commerçants, ainsi que par des informations issues de procès-verbaux d’opérations de contrôle a posteriori.
Enfin, les mêmes sources soulignent que les contrôleurs des douanes, en coordination avec les brigades régionales de contrôle, s’orientent vers une révision des procédures de contrôle a posteriori des commerces et points de vente d’or, ainsi qu’un examen approfondi des factures d’acquisition d’or brut, des justificatifs utilisés et des déclarations relatives aux déchets industriels.
Cette démarche intervient dans un contexte marqué par une hausse notable de la demande des commerçants pour l’or étranger – y compris celui issu de la contrebande – afin de répondre à une demande intérieure croissante, et ce malgré les vagues de hausse des prix.
