Après la vaste offensive coordonnée menée les 25 et 26 avril par le Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans et le Front de libération de l’Azawad, les jihadistes ont visé des miliciens progouvernementaux dans deux localités du centre du pays.
Plus de 30 personnes ont été tuées mercredi 6 mai dans deux attaques, revendiquées par les jihadistes du Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (Jnim), contre deux localités du centre du Mali, dont la junte au pouvoir est affaiblie après la récente offensive d’ampleur des jihadistes alliés aux rebelles touareg du Front de libération de l’Azawad (FLA).
« C’est une tragédie. Le bilan est de plus de 35 morts, dont 25 dans la localité de Kori Kori et 10 à Gomossogou. Il s’agit d’attaques quasi simultanées », a affirmé un responsable local de la jeunesse, qui a préféré garder l’anonymat pour raisons de sécurité.
Deux sources, sécuritaire et administrative, ont chacune un bilan de plus de 30 morts. Wamaps, un collectif de journalistes ouest‑africains spécialisés dans les questions sécuritaires au Sahel, a établi un « bilan provisoire » de « plus de 50 villageois » tués et d’autres « encore portés disparus ».
Jeudi, l’armée malienne a dit de son côté avoir mené une « opération ciblée contre les groupes armés terroristes » dans la zone, qui a « permis de neutraliser [tuer] une dizaine de terroristes », dans un communiqué qui ne donne pas plus de détails.
« En représailles » contre la milice Dan Nan Ambassagou
Les attaques du 6 mai ont été revendiquées le lendemain par le Jnim, qui dit avoir visé des miliciens progouvernementaux. Dans un communiqué publié le 7 mai, le gouverneur de la région de Bandiagara (centre), le colonel-major Olivier Diassana, a « condamné avec la plus grande fermeté ces actes ignobles et inhumains ».
« L’attaque a été perpétrée en représailles à des actes commis par la milice Dan Nan Ambassagou. Les victimes sont majoritairement des miliciens. Mais il y a également des adolescents et des enfants », a expliqué la source sécuritaire précitée.
En réponse à la prolifération des violences dans le centre du Mali, des groupes proclamés d’autodéfense se sont constitués, dont le plus connu est Dan Nan Ambassagou. Cette milice, composée majoritairement de chasseurs traditionnels dogons, avait été dissoute par les autorités après avoir été accusée d’avoir commis un massacre dans un village du centre du pays, Ogossagou (160 morts en mars 2019).
Selon Wamaps, lors des attaques de mercredi, des « villages ont été pillés et certaines concessions ont été incendiées ». « Outre ce lourd bilan humain, les assaillants ont perpétré d’importantes destructions matérielles, incendiant des habitations et des céréales appartenant aux populations », a précisé une source au gouvernorat de Bandiagara.
Cette nouvelle tuerie survient après la vaste offensive coordonnée menée les 25 et 26 avril par le Jnim, allié à Al-Qaïda, et la rébellion du FLA, à dominante touareg, contre des positions stratégiques de la junte dans plusieurs localités – jusqu’en périphérie de la capitale Bamako, à Kati, fief du régime, où le ministre de la Défense Sadio Camara, 47 ans, un des piliers de la junte, a été tué dans un attentat suicide.
Ces attaques avaient fait au moins 23 morts, selon une source hospitalière. Plusieurs villes et localités du Nord sont désormais sous le contrôle des jihadistes et de leurs alliés du FLA.
(avec AFP)
