Le prix du pain pourrait connaître une hausse inédite. Confrontée à une flambée des coûts de production qu’elle juge insoutenable, la Fédération nationale des boulangers du Sénégal (FNBS) n’exclut plus de faire passer le pain standard à 200 F CFA pour 210 g, contre 150 F CFA actuellement. Face à la presse, aux côtés de représentants venus de plusieurs régions du pays, les professionnels du secteur ont alerté sur une crise qu’ils estiment menaçante pour la survie des boulangeries sénégalaises.
Pour les boulangers, le secteur est progressivement « asphyxié » par l’explosion des coûts de production. Ils pointent notamment la hausse des factures d’électricité, l’augmentation du prix de la levure et des améliorants, les difficultés d’approvisionnement en diesel pour les fours ainsi que la rareté de la farine. La FNBS dénonce également le non-respect du prix homologué de la farine, poussant certaines boulangeries à s’approvisionner à des coûts plus élevés, parfois sur le marché parallèle. Une situation qui rend, selon eux, la production de pain structurellement déficitaire et menace plus de 2 500 boulangeries ainsi que des milliers d’emplois.
Face à cette situation, les professionnels réclament des mesures urgentes de l’État. Ils demandent notamment la suppression de la TVA sur l’électricité, la farine, la levure et les améliorants, une tarification énergétique spécifique aux boulangers, ainsi que des subventions pour les équipements. La Fédération plaide aussi pour une libéralisation du marché de la farine et une plus grande intégration des céréales locales, telles que le mil, le maïs et le fonio, dans la fabrication du pain.
À défaut de réponses rapides, la FNBS avertit qu’un plan d’action national pourrait être déclenché, avec des répercussions sur la production et la distribution du pain à travers le pays.
« Nous ne voulons pas la confrontation. Nous voulons un dialogue sincère suivi d’effets immédiats », a déclaré le porte-parole de la fédération, Joseph Désiré Moboutu Dia, tout en affirmant que les boulangers refusent « l’extinction silencieuse » de leurs entreprises.
